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LES BRONZES DE STYLE ARABE OU PERSAN

Dès le VII' siècle, la Chine était entre'c en relations avec le monde de ITslam. Les auteurs chinois

BKONZE MUSULMAN. — X ^' ^ SIÈCLE.

(Collection de M. Schefer.)

rapportent que, pendant les années Ou-te du règne de Tempereur Kao-tsou, des Thang (618-626), quatre saints personnages arabes étaient venus de Médine par la voie de mer, pour instruire Fempire chinois dans la religion du Prophète. Parmi eux se trouvait

le Saad ibn abou Ouaccas, oncle maternel de Mahomet, qui mourut à Canton, ou Ton voit aujourd'hui son tombeau, Tannée de Tavènement d'Omar au califat, en 634. Plusieurs ambassades arabes, dont quelques-unes avaient un caractère commercial plutôt que politique, sont signalées aux viir et ix' siècles.

Ces premiers rapports qui, par Tinsuffisance des connaissances nautiques et par la longueur des traversées, demeurèrent très rares jusqu'au xiv' siècle, ne semblent pas avoir eu au point de vue artistique une influence appréciable. Ce ne fut que six cents ans après l'arrivée de Saad ibn abou Ouaccas à Canton que Fart arabe fut mis en contact plus intime avec Part chinois et y laissa sa tracée

Au cours de la seconde moitié du xiii'' siècle, un événement considérable se produisit en Chine : la conquête mongole. Koubilaï-khan (en chinois Hou-pi-lie), petit-fils de Gengis-khan , renversa la dynastie des Soung, et, pour la première fois après trente siècles d'histoire, la race chinoise obéit à des souverains étrangers (1260).

Les conséquences de ce fait politique — d'une portée moindre, il est vrai, que celles de l'introduction du bouddhisme au i" siècle de notre ère — furent cependant très importantes au point de vue du développement de la pensée chinoise. La Chine dut, en effet, à ses empereurs mongols le précieux bienfait d'être mise en rapports avec les civilisations occidentales et de

I. Cf. Reinaud, Relations des voyages faits par les Persans et les Arabes en Chine, et Yule, Cathay and the way thither.

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participer pendant tout un siècle (i26o-i368) au vaste mouvement d^echanges qu'ils entretenaient sur tout le monde civilisé.

C'est un point qu'Abel Re'musat a fort bien éclairé. En Chine, comme partout ailleurs où ils s',établirent, les Mongols provoquèrent une grande révolution morale en faisant naître des rapports entre des peuples jusqu'alors inconnus les uns aux autres. « L'irruption des Mongols, en bouleversant tout, franchit toutes les distances, combla tous les intervalles et rapprocha tous les peuples. Les événements de la guerre transplantèrent des milliers d'individus à d'immenses distances des lieux où ils étaient nés ^ »

La cour de Koubilaï-khan à Pékin offrit ainsi un spectacle des plus curieux : il y eut là, dans ce palais de Khan-bâlik, que Marco Polo nous a décrit et qui s'élevait sur l'emplacement même de la résidence actuelle du Fils du Ciel, une affluence de savants, de lettrés, d'artistes, de religieux, d'hommes politiques, de négociants, d'aventuriers, originaires de toutes les contrées du monde. Il en vint de l'Inde, de Siam, du Pégou et du Thibet, des royaumes bouddhiques de l'Asie centrale, de la Perse et du Khorassan, où dominaient aussi des princes mongols, des grands centres de civilisation arabe qui avaient survécu à la destruction des califats fatimites et abbassides; il en vint même de l'Europe, de la Moscovie, de la Pologne, de

I. Cf. Second Mémoire à l'Ac. des Insc vu, 325 et suiv. Voy. aussi, sur l'influence de la conquête mongole dans l'Asie orientale, l'ouvrage du même auteur intitulé Recherches sur les langues tartares, p. 197 et 19g.

L'ART CHl NOIS.

la Hongrie, des Flandres, du Frioul, des républiques

marchandes de Gênes, Pise et Venise \ etc.

Nous aurons plus d\ine fois, dans le cours de cette étude, l'occasion de signaler rimportance des relations qui s'établirent de la sorte à travers PAsie, aux xui'' et XIV- siècles, au point de vue de Tinfluence réciproque que subirent Tart européen et Tart chinois. Pour rinstant, nous ne voulons indiquer que les emprunts faits par les artistes chinois aux œuvres de style arabe ou persan qu'il leur fut donné de connaître au temps de la conquête mongole.

De cette époque date l'adoption en Chine de toute une

série de formes et de dessins décoratifs, dont la Perse

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