‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 33 sur 107 · PORTIQUE DU TEMPLE DE CONFUCIUS, A PEKIN · texte numérisé non relu

PORTIQUE DU TEMPLE DE CONFUCIUS, A PEKIN

des caractères essentiels de ce type architectonique. La formule générale des constructions chinoises est le fing. C'est un toit recourbé et surplombant, reposant sur des colonnes courtes. Quelle en est l'origine? Est-ce, comme on l'a déjà remarqué, la tente primitive des hordes asiatiques? Le t'ing^ avec ses extrémités recourbées comme le sont les angles d'une tente relevés par des piques, avec cette incurvation du milieu de la pente qui rappelle le creux formé par la souplesse pesante de

la toile, présente en cftet une ressemblance frappante avec une tente : Tabsence du plafond, des fenêtres latérales, et généralement aussi d''étage supérieur, est un trait commun de plus. Le respect que les Chinois ont toujours professé pour les traditions, et la permanence des types primitifs à travers toutes les époques de leur histoire permettent de croire que le t'ing^ arrêté dans ses formes à une époque très reculée, provient de la tente et n'est qu'un souvenir effacé de la vie nomade.

Tous les édifices, temples, palais, hiaisons particulières, portes de ville, arcs de p-ioraphe, etc., sont conçus sur le plan du fing; tous, sauf quelques constructions bouddhiques, reproduisent le mémtî schéma. De là vient cette impression de monotonie que le fouillis d'ornements, de moulures et de sculptures, dont sont parfois surchargés les monuments, ne parvient jamais à effacer.

La toiture est la partie principale des constructions, celle dont Tédifice tire ses caractères de grandeur ou de simplicité, de force ou d'élégance. Cette prépondérance, attribuée à une partie du bâtiment qui est généralement sacrifiée dans l'architecture occidentale, se justifie par le peu d'élévation du plan vertical : les toits sont, en effet, ce qui se voit le plus dans une construction chinoise. Pour en varier l'aspect, on a imaginé de les doubler et parfois même de les tripier. La figure de la page 91, qui représente le temple principal de la sépulture où repose l'empereur Young-lo, des Ming, aux environs de Pékin, nous fournit un exemple de deux toits superposés. Cette disposition, qui est adoptée sui'tout pour les palais et les temples, semble reculer l'inté-

L'A RCHITF.CTURE.

rieur de Pedifice, l'envelopper d'ombre, et est parfois d'un effet assez puissant. Mais c'est surtout par la de-

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