‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 46 sur 107 · XV'= SIÈCLE · texte numérisé non relu

XV'= SIÈCLE

ijo LART CHINOIS.

lines formant renceinte. A Tentrée de la vallée, un arc de pierre sculpte'e et une large chaussée dallée, que bordent des statues gigantesques d'hommes et d'animaux (voy. p. 141), forment une avenue monumentale conduisant à la nécropole impériale. Les sépultures de la dynastie actuelle des Thsing, qui succéda en 1643 à celle des Ming, s'élèvent aussi à peu de distance de Pékin; elles sont du même style que celles des Ming.

Les tombeaux des particuliers sont construits avec moins de luxe et de développement que ceux des Empereurs ; mais la même idée a présidé à la conception de l'ensemble et à la disposition des parties. Les personnages d'un rang élevé dans l'Etat sont toujours enterrés à la campagne : le tertre qui recouvre leur cercueil est situé au milieu d'un jardin; un petit temple ou un simple autel abrité sous un fing est construit près de l'entrée, à l'intérieur de l'enclos funèbre. Des dalles de. marbre, où sont gravées des sentences morales ou des prières bouddhiques, se dressent, en avant de la tombe, sur des tortues de pierre sculptée, symboles de félicité éternelle.

Les prêtres bouddhistes se font enterrer généralement sous une stoiipa, les musulmans sous un massif de maçonnerie ayant la forme trapézoïdale.

Les tombes populaires se composent d'un simple tumulus devant lequel est placée verticalement une pierre portant quelque emblème d'heureux augure ou une courte prière.

terrés près de Nankin : la capitale des Ming n'a été transférée à Pékin qu'en 1410 par l'empereur Young-lo.

LA PIERRE SCULPTEE

Il n'est pas d'art en Chine dont les origines soient plus obscures que celui de la pietve sculptée.

Et cependant ces origines ne semblent pas fort reculées : suivant toute vraisemblance, elles ne remontent pas plus haut que le ni" ou le iv" siècle avant notre ère.

D'ailleurs, les monuments qui subsistent sont peu nombreux. La sculpture ayant toujours été comprise en Chine comme l'accessoire de l'architecture, et particulièrement de l'architecture funéraire, les œuvres des statuaires ont presque toutes disparu avec les édifices qu'elles avaient pour but de décorer. Nous avons vu, en effet, au chapitre de l'architecture, qu'à plusieurs époques des dynasties nouvellement élevées au trône avaient ordonné la destruction de tous les monuments rappelant le passé, palais, tours, arcs et portiques, temples et tombeaux.

Les rares spécimens sculpturaux qui ont échappé à

lyi L'ART CHINOIS.

Taction combinée des hommes et du temps ont été notés et reproduits dans un ouvrage fort curieux, le Kingche-so, « Penchaînement des métaux et des pierres ». Cet ouvrage, sorte de Corpus inscriptiomim, contient, par ordre chronologique, le texte ou la représentation figurée des plus anciennes inscriptions et sculptures de la Chine : il fut composé au xviir siècle.

Le monument le plus ancien signalé par le Kingche-so est une série de dix bas-reliefs décorant un palais situé à Hiao-t'ang-chan, dans la province du Chan-tong. La date, authentiquement constatée sur le monument même, est celle du ii* siècle avant notre ère. L^aspect très archaïque de ces sculptures témoigne d^un art tout à fait primitif et ne permet guère de faire remonter à plus d^un ou deux siècles auparavant Torigine de la sculpture sur pierre en Chine.

Les figures représentées sur ces dix pierres, qui semblent monolithiques, sont sculptées en bas-relief, non pas d'après le procédé de la sculpture grecque où le sujet s'enlève sur le parement du fond, mais d'après le procédé qui consiste à tenir la surface des figures dans le môme plan que le champ, en les cernant simplement d'un contour creux à angles émoussés. Dès lors, il n'y a plus de modelé, il ne reste qu'une silhouette. C'est le procédé employé par presque tous les sculpteurs des époques primitives et, pour ne citer qu'un exemple, par les artistes égyptiens dans la décoration du Ramesséum et du grand temple de Médinet- Abou^

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