BRULE-PARFUMS EN FORME DE CHAT
Décoré d'émaux au grand feu.
(période tching-hoa, 1465-1S7J.)
(Collection de M. L. Gonsc.)
A cette époque, on faisait encore des porcelaines à décor bleu; mais on en avait tant fabriqué, dans la période précédente, que le beau bleu Ac Sou-ni-po vint à manquer et qu''on dut employer du cobalt de qualité moins pure. Cette infériorité fut compensée, en partie,
1. Cette période comprend les règnes de Tching-hoa, Houngtche, Tching-te, Kia-tsing et Loung-king.
par un progrès notable dans Thabileté du dessin et dans la disposition des couleurs. Si les nuances ne sont plus aussi délicates qu'autrefois, il y a plus de grâce et de légèreté dans les contours des sujets représentés, un art plus heureux dans la composition.
Mais, un demi-siècle plus tard, en i52i, sous Tempereur Tching-te, on se procura fort à propos un bleu nouveau, d'une couleur franche et foncée, avec lequel on obtint tout de suite des produits fort remarquables et que les Chinois ont toujours estimés à très haut prix. C'était probablement un silicate de cobalt. Le nom qu'on lui donna, Hoéitsing, « bleu des musulmans )>, permet de croire que ce furent les marchands arabes des comp- VASE toirs de Canton qui llmportè-
à fond noir èmaiiié, rent en Chine.
décoré en vert et lilas
sur biscuit A côté des porcelaines bleues,
(période TCHiNc-HOA, commcncèrent à apparaître les (Coiicctilfa! M. M^'oemien.) prcmières peintures sur porcelaine cuite en blanc. L'application des émaux de demi-grand feu sur couverte ouvrit à la céramique chinoise un champ nouveau, et Ton peut dire que de ce jour elle fut en possession de tous les
LA CÉRAMIQUE
procédés qu^elle perfectionna plus lard à un si liaui degré.
Au lieu de peindre sous couverte, comme on Pavait fait jusqu^alors, on appliqua le décor et les couleurs sur des pièces déjà cuites et terminées. On appelait ces sortes de porcelaines Ou-tsaï-yao^ litt. des « porcelaines aux cinq couleurs », non pour indiquer que les émaux dont on faisait usage étaient de cinq nuances seulement , mais pour exprimer au contraire la variété de ces nuances : si rapproché qu'il soit de Punité, ce nombre, en effet, sert fréquemment, dans la langue chinoise, à signifier une -pluralité indéterminée d'objets. Les nuances que l'on trouve principalement sur les Ou-tsaï sont le vert oxyde de cuivre, le jaune brun, le bleu clair, le bleu sombre presque noir, le violet, le rouge de fer, et le noir qui servait soit à esquisser simplement le décor, soit à émailler tout le fond.
Avec ces ressources de palette, l'artiste chinois se sentit plus libre, plus dégagé dans ses allures, et il