‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 83 sur 107 · THÉIÈRE · texte numérisé non relu

THÉIÈRE

de porcelaine blanche transparente (période khang-hi, 1622-1723.)

(Collection de M. S. Bing.)

premières années du règne de Khang-hi, il se produisit, parmi les peintres qui traitaient particulièrement la famille verte, une scission. Deux écoles se formèrent. L^une continua à s'inspirer des modèles anciens; mais elle en perfectionna le style, y mit plus de grâce et de finesse, avec une distribution plus heureuse des motifs, avec plus de précision dans le dessin. Ce fut elle

aoo L'ART CHINOIS.

qui créa cette série nombreuse de flacons, de vases et de potiches où, dans des compartiments bordés de grecques et de mosaïques, des fleurs largement dessinées, des branchages en pleine frondaison, des graminées touffues jaillissent d'un arbre ou d'une rocaille, sous un vol d'oiseaux, de coléoptères ou de libellules. Le vert tendre domine dans le décor, à côté du rouge de fer qui le rehausse; mais il y a aussi, çà et là, sur l'aile des oiseaux, sur les élytres des papillons, sur la corolle des fleurs, des touches de jaune, de bleu et de violet.

Ces produits céramiques exprimèrent à leur heure le goût particulier que les Chinois professent pour les fleurs, la jouissance douce qu'ils éprouvent à les regarder, l'ivresse légère qu'ils ressentent à en respirer le parfum. Nulle poésie plus que la leur n'a chanté les beautés du monde végétal, les couleurs tendres des plantes à leur première floraison, l'éclat opulent de leur épanouissement, les nuances maladives qu'elles revêtent quand elles se fanent. Ce culte délicat de la nature, qui a dicté aux poètes et aux romanciers de la Chine tant d'œuvres émues, tant de comparaisons gracieuses ou mélancoliques, a bien inspiré ses peintres céramistes et a trouvé parfois, sous leur pinceau chargé d'émaux, son expression la plus pittoresque et la plus brillante.

La seconde école, attribuant moins d'importance au coloris, a produit des œuvres d'une composition savante, d'un dessin soigné, recherché même. L'esquisse du décor était faite sur cru au trait bleu ou au rouge de fer. Les sujets traités étaient des scènes historiques

LA CERAMIQUK.

OU religieuses, pleines de vie ei de mouvement.

Les porcelaines de la famille verte, à grandes compositions, eurent dès leur apparition un succès considérable ; mais les artistes qui sY adonnèrent n'eurent guère le temps de sW perfectionner, car un édit impérial, publié en 1677, les rappela au respect des traditions en interdisant la reproduction sur porcelaine des sujets historiques et religieux.

3° Les porcelaines de

LA FAMILLE ROSE. VcrS

l'année 1680, on découvrit trois couleurs nouvelles qui donnèrent aux peintres céramistes des ressources inconnues jusqu'à ce jour : c'était le carmin tiré du chlorure d'or, — le jaune franc obtenu de l'antimoine, — et le blanc extrait de l'acide arsénieux. Pour employer ces couleurs, on les mêle à un véhicule abondant, et elles forment relief surla couverte. Ce rouge d'or, qui est notre pourpre de Cassius, fournissait les roses les plus pâles, avec des nuances d'une douceur exquise. Les sujets le plus habituellement traités sont des fleurs, des

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