‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 90 sur 107 · CO RN ET · texte numérisé non relu

CO RN ET

de porcelaine blanche opaque

(période YOU N G-TCHl N g ,

1723-17} 6.) (Collection ûc M. S. Bing.)

LA C FUI AMI QUE. 2ij

raie, consiste seulement dans une de'gradation des épaisseurs de rémail... Au fond, cette peinture, la vraie peinture de la porcelaine, est, pour ainsi dire, de la gouache translucide. »

3° Les porcelaines flambkks. — On fabriquait déjà au xiii^ siècle des vases dont les couvertes de grand feu prenaient au four, par le hasard de la cuisson, des colorations étranges et puissantes. On les nommait Yao-pien, « porcelaines de transmutation «, pour signifier que, soumises au feu, elles se transformaient, se transmutaient, pour ainsi dire, en une matière aux tons chatoyants, aux veines irisées et diaprées, semblable à de Tagate, à du jaspe, à du porphyre, à des pierres précieuses en fusion. Ces aspects différents de la couverte s^obtenaient par Tintroduction rapide de courants d'oxygène dirigés sur la pièce pendant la cuisson. Il y fallait un tour de main hardi, une rare justesse de coup d'œil, une pratique consommée : sur dix essais, c'est à peine si un seul réussissait.

Il semble que le secret de la fabrication des Yao-pien se soit perdu pendant plusieurs siècles, car on n'en signale pas dans les -périodes Siouan-te, Tching-hoa et Ouan-li, c'est-à-dire du xv* siècle jusqu'à la fin du xvir. Dans les dernières années du règne de Khang-hi, on recommença d'en confectionner i; mais la technique n'en fut parfaite que sous Kien-long. En vrais coloristes, les céramistes chinois ont cherché à copier tous les produits de la nature qui leur offraient des tons riches et chatoyants, et ils ont été choisir des modèles dont les ar-

I. Voy. à la p. 2o3 le vase tiambé de la collection dcM. L. Gonse.

tisres occidentaux n'auraient jamais songé à s'inspirer. C'est ainsi que Tauteur du Kïng-te-tchin-thao-lou nous apprend qu'il y avait des émaux couleur « d'aubergine », kia-hoa-tse-yeou, — de « foie de mulet «, lo-kan-yeou, de « poumons de cheval », « ma-Jvï-j^eou », etc.

Les beaux/7rt!;7zZ't\v ont des colorations rouge sombre, pourpre vineux, violet foncé, bleu lapis, vert émeraude, dont les reflets sont imprévus, changeants et capricieux; des gouttelettes d'oxyde restent figées sur la couverte : on dirait que des coulées d'émail débordent sur les parois du vase, et les flammes qui l'ont léché dans le four y semblent visibles encore.

4° Les porcelaines d'exportation. — Nous rattacherons, pour ordre, à la période Kien-long trois catégories de porcelaines qui, fabriquées exclusivement pour l'exportation, ont reçu une forme ou une décoration particulière, suivant le goût ou les besoins des peuples auxquels elles étaient destinées.

Telles sont d'abord les Porcelaines à Mandarins. Elles sont ainsi nommées parce qu'elles représentent des scènes historiques ou familières où figurent, avec les attributs et insignes de leur costume officiel, des fonctionnaires de la dynastie de Thsing. Les plus anciennes pièces, qui datent de la fin du règne de Kang-hi, sont composées de réserves occupées soit par le sujet principal, soit par des oiseaux et des fleurs en camaïeu rose ou noir, et d'un fond semé de rinceaux et de filigranes d'or, ou gaufré avec de fines dentelures en bleu sous couverte. Ces porcelaines jouirent, dès qu'elles apparurent en Europe, d'une telle vogue que, pour satisfaire aux commandes, la confection en dut être

LA CÉRAMIQUE

négligée : les décors furent dès lors sans charme, sans originalité, les colorations mal combinées, crues et criardes, Tensemble sans intérêt, sans valeur artis-

COURDEPLATE

décorée en bleu sous couverte (nien-hao kien-long, 1736-1791Î.)

(Collection de l'auteur.)

tique. D^ailleurs, la plupart des potiches à mandarin ont été fabriquées au Japon.

Nous rangerons aussi parmi les produits céramiques destinés à l'exportation les Porcelaines à décor persan. Ces porcelaines ont longtemps intrigué les connaisseurs. Elles avaient été trouvées en Perse, et la

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forme comme le décor en étaient généralement persans; mais on y constatait les mêmes procédés de fabrication et les mêmes colorations d^émaux que dans les produits d'origine chinoise.

On a cru d'abord que ces pièces avaient été fabriqués dans riran, que des ouvriers chinois y étaient venus sans doute enseigner leurs procédés aux potiers persans, mais que ceux-ci n'avaient pas tardé à devenir leurs rivaux et même leurs égaux. Il est reconnu aujourd'hui que les porcelaines kaoliniques à décor persan que l'on trouve dans l'Iran sont de fabrication purement chinoise : la forme et l'ornementation en ont été copiées sur des poteries ou des bronzes apportés de Perse; elles ont été exécutées sur commande et pour l'exportation.

A cette classe des produits céramiques destinés à l'étranger se rattachent enfin les Porcelaines pour surdécorations européennes. Ces surdécorations ont été exécutées en Europe dès les premières années du XVIII® siècle.

Les faïenciers de Delft, ayant découvert, vers 1700, le secret de la préparation des couleurs de petit feu, eurent l'idée de les appliquer sur des porcelaines chinoises toutes blanches ou dont la composition primitive laissait de larges surfaces sans décor. « De là, dit M. du Sartel, sortit de toutes pièces une industrie nouvelle qui eut ses peintres et ses ateliers spéciaux et à qui la découverte de nouveaux émaux, le jaune, le blanc et les carmins violacés, permit bientôt de reproduire les décors que la Compagnie des Indes faisait exécuter en Chine et au Japon.

LA CERAMIQUE. atj

Dans ces circonstances, la Compagnie s'aperçut

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