LA TECHNIQUE
Bien qu'aucun spécimen ancien de la verrerie chinoise ne soit parvenu Jusqu"'à nous, il semble que la technique du verre se soit rapidement perfectionnée dans PEmpire du Milieu. Nous savons, en effet, par les auteurs, que, dès le ix" siècle, on le réservait à une fabrication de luxe. On le considérait presque comme une matière précieuse. Le poète Li taï-pe, parlant de la belle T"'aï-tchen, Tune des beautés classiques de la Chine, la représente pressant des grappes de raisin dans des coupes de verre et dans des vases d'or, de jade, d'émeraude, etc.
Les Chinois ont toujours su colorer le verre dans la masse : les colorations les plus fréquemment usitées sont le rouge de grenat ou de calcédoine, le rose de corail, le violet clair et le violet pensée, le bleu de saphir, le blanc opaque, le vert d'émeraude ou de jade. L'intensité et la pureté des tons donnent parfois à la matière l'aspect d'une pierre dure, d'une agate orientale sans défaut. Ils ont excellé également à foudre ensemble des verres de couleurs différentes, soit sans les mêler, soit en introduisant dans la pâte même l'une
l'art CHINOH. IS
des matières composantes, sous forme de macules, de veines ou de rubans, etc. La pièce qui est représentée ci-dessous, et qui provient de la collection de M. L. Gonse, nous offre un des spécimens les plus caractéristiques et les plus délicats de ce genre.
On a fabriqué en Chine et on y fabrique encore des verres décorés d'émaux translucides, Koii-yiie-siien. Quelquefois le verre est légèrement craquelé par la cuisson qui a fixé Témail.
Suivant toute probabilité, c'est aux Arabes que les Chinois doivent la technique du verre émaillé. LMntroduction des premiers modèles a dû s'effectuer sous la dynastie mongole (1260i368). C'est en effet le moment où la verrerie arabe a produit ses œuvres les plus accomplies et celui où les relations entre la Chine et le monde islamique ont été le plus suivies (voy. p. 70). Cette origine nous paraît confirmée encore par la présence en Chine, principalement dans les provinces de l'ouest, d'un certain nombre de lampes de mosquée, en verre émaillé, à forme évasée, décorées de caractères et de motifs arabes.
Les Chinois n'ont pas, à notre connaissance du moins, décoré d'émaux des pièces importantes. Ce ne sont généralement que des tabatières. La collection de