PRÉFACE
Dans un temps où la critique a porté ses efforts sur des sujets si variés et par des voies si diverses qu’elle semble n’avoir rien laissé d’inexploré dans le domaine des connaissances accessibles, l’art chinois a eu la singulière fortune d’échapper à toute recherche. Parmi tant d’excellents travaux où l’on s’est proposé d’assigner à la civilisation de l’Empire du Milieu sa place dans l’histoire du monde et de déterminer sa signification dans le développement de l’humanité, il n’en est pas un qui présente sur les manifestations esthétiques du génie chinois des idées générales ni des vues particulières. Une longue suite d’œuvres, d’une inspiration puissante ou délicate, ont été créées; — des générations d’artistes doués d’une manière originale de penser et de sentir, émus d’une façon particulière aux spectacles de la nature et de la vie, se sont succédé; — tout un monde de formes gracieuses ou grandioses a été évoqué, pendant près de quarante siècles,