‹ L'art chinoisChapitre 2 sur 106 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

et l’histoire n’en est même pas encore ébauchée. Ni l’architecture, ni la sculpture, ni la peinture, ni ces arts qu’on est convenu d’appeler secondaires, n’ont été l’objet d’une étude d’ensemble ou de recherches spéciales. Seule, la céramique, dont les produits ont depuis longtemps accaparé la curiosité européenne, a donné lieu à des monographies complètes.

Entrepris dans de pareilles conditions, le présent ouvrage est nécessairement condamné à plus d’une erreur, à plus d’une lacune. Il me faut donc faire appel dès maintenant à l’indulgence du lecteur. Je ne me suis proposé d’ailleurs que de réunir le plus grand nombre de faits possible, de les contrôler, de les classer et de tirer de leur groupement les premières conséquences : je voudrais avoir tracé de l’art chinois et de son histoire une esquisse que quelque personne plus autorisée reprendrait plus tard. C’est la seule ambition qui m’ait tenté.

Ce livre pourra paraître fort incomplet à un certain point de vue. Ce n’est pas, en effet, un manuel du collectionneur. Il m’a semblé plus intéressant d’étudier l’art chinois dans ses grandes lignes, d’en montrer les caractères généraux, d’en marquer les progrès et les transformations, et d’en définir les styles. Je n’ai donc indiqué que som-

mairement les procédés qui permettent de contrôler

l’authenticité d’un objet et d’en déchiffrer les mar-

ques. De parti pris aussi, j’ai laissé hors de mon étude tous les objets qui — 'pour précieux qu’ils pussent être aux yeux des collectionneurs — présentaient un intérêt de curiosité et non une valeur d’art.

Je me suis servi, à la fois, des notes que j’avais prises à Pékin et des documents bibliographiques dont on trouvera la mention dans le cours de l’ouvrage. Les collections particulières qui m’ont été ouvertes à Paris m’ont fourni aussi de très précieux éléments d’étude et ont complété ou rectifié, sur bien des points, mes souvenirs de voyage. MM. L. Gonse, S. Bing, H. Cernuschi, R. de Semallé et M. Gentien voudront bien trouver ici l’expression de ma gratitude pour l’empressement avec lequel ils ont mis à ma disposition les spécimens d’art chinois réunis par leurs soins.

Je priverais cet ouvrage de sa plus sérieuse recommandation si je ne témoignais du concours obligeant que m’ont prêté MM. G. Deveria, secrétaire-interprète du Ministère des affaires étrangères, et A. Vissière, premier interprète de la Légation de France à Pékin. Leur expérience m’a été d’un grand profit, particulièrement pour l’indication

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