‹ L'art chinoisChapitre 26 sur 106 · IMPÉRIAL, A PÉKIN · texte numérisé non relu

IMPÉRIAL, A PÉKIN

(D apres une peinture chinoise appartenant à M. G . Deveria.)

l’empire. Les princes voulurent imiter les souverains et firent élever aussi des ta'i dans leurs palais. Mais des édits impériaux leur interdirent bientôt ce luxe qui fut réservé désormais à l’empereur seul. A partir du xnr siècle, c’est-à-dire de l’avènement de la dynastie mongole, on renonça à ces constructions dispendieuses, et aujourd'hui il n'en reste même plus de ruines.

Les ta'i ou hou sont souvent cités par les poètes. Sou-chi-pa disait dans une ode (vers 200 avant J.-C.) : « Quand j'élève mes regards vers le hou de pierre, il me faut chercher son toit dans les nues. » Tou-pe décrit ainsi le ta'i qui s’élevait dans la capitale des Thang : « L’émail de ses briques rivalise d éclat avec l’or et la pourpre, et réfléchit en arc-enciel les rayons du soleil qui tombent sur chaque étage1. » Enfin, Te-li, parlant d’un ta'i haut de plus de i3o mètres, s’écriait dans une de ses strophes : « Je n’oserais pas monter jusqu’à la dernière terrasse d’où les hommes n’apparaissent que comme des fourmis. Monter tant d’escaliers est réservé à ces jeunes impératrices qui ont la force de porter à leurs doigts ou sur leur tête tous les revenus de plusieurs provinces. »

Quelle fut l’origine des ta'i? Les Chinois ont-ils créé de leur propre génie ce type architectonique qui est si différent de leur formule habituelle? L'ont-ils emprunté, et à qui ? La date éloignée à laquelle on a commencé de construire des ta’i en Chine impose une grande réserve dans la détermination des influences étrangères qui ont pu s'exercer à cette époque sur l’art chinois. Les annales de l’Empire du Milieu mentionnent cependant certains faits qui permettent de croire qu’au xvir siècle avant notre ère il existait déjà des rapports entre cet empire et les civilisations de l’Asie occidentale. Le premier de ces faits est l'arrivée en Chine, « dans la 3e année du règne de Tai-Ou » (1634 av. J.-C.', d’ambassadeurs expédiés par les Si-joung ou « barbares occiden-

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