MAISON D’UN PARTICULIER
(D’aprcs une peinture chinoise du Département des Estampes.)
descendre de cheval ou de charrette devant la porte des palais, temples officiels et tribunaux, puisque cette porte est ainsi dissimulée aux yeux des passants.
Suivant les cas, le tcliao-p’ing prend les noms de tchao-peï et de tchao-hiang.
Une autre façon de tourner les édits architecturaux s'est introduite dans l’usage et semble tolérée partout actuellement : il suffit que la porte, le mur de façade, les bâtiments sur la rue et la première cour soient con-
L’ARCHITECTUHE.
formes au type réglementaire. Dans les dernières cours, on laisse toute liberté au propriétaire, pourvu toutefois que le luxe et la hauteur de ses constructions n’attirent pas l’attention du dehors.
L’architecture des jardins. — La place nous fait défaut ici pour parler des maisons de campagne et des jardins en Chine. Les Chinois ont une conception toute particulière de la décoration de leurs villas de plaisance et ils y ont mis toute la fantaisie qui leur était interdite dans les villes.
Renonçant absolument à leur principe de symétrie, ils n’ont eu
d’autre but que d’ap- KIOSQUE,
proprier leurs construc- C^’aPri-'s une peinture chinoise du Département
. des Estampes.)
tions au terrain, de les
encadrer dans le paysage, de tirer parti du pittoresque, des accidents de terrain, des bois et des eaux.
Le kiosque, t'irig-tse, est le type habituel de ces constructions. L’ornementation en varie à l’infini. La toiture est faite de tuiles vernissées jaunes, vertes, violettes, bleues, brunes, rouges, etc. Les colonnettes de bois sont peintes en couleur carmin ou vert foncé. Des
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plantes grimpantes, clématites, vignes vierges, roses trémières, s’attachent généralement à la charpente légère de ces édicules et les recouvrent presque.
Les Chinois ont de tout temps fait contribuer les ponts à la décoration de leurs parcs. Les formes les plus diverses ont été adoptées : à tablier horizontal, à tablier en dos d’âne, à tablier à deux plans inclinés. Les historiens et les poètes nous ont laissé de nombreuses descriptions de ponts remarquables par leurs proportions et leurs ornements ; il y en avait qui mesuraient plus de 3o mètres de large; d’autres étaient chargés de bas-reliefs jusque dans l’eau, ou bordés d’une double allée d'arbres, ou recouverts d’un long péristyle. Marco Polo, qui visita la Chine et demeura à la cour de l'empereur Koubilaï-Khan au xiii® siècle, vit, sur la rivière Houenho, un pont de marbre qui avait vingt-quatre arches et dont les parapets portaient cent quarante colonnes séparées par des bas-reliefs1.
Le pont qui est représenté à la page 109 s’élève près de Pékin, dans les dépendances du Palais d’Étéet date de la fin du xvne siècle.
l’architecture religieuse
Ainsi que nous l’avons indiqué au début, les édifices religieux n’ont pas de formes qui leur soient propres,