‹ L'art chinoisChapitre 35 sur 106 · MOSQUÉE, DANS LA VILLE IMPERIALE, A PÉKIN · texte numérisé non relu

MOSQUÉE, DANS LA VILLE IMPERIALE, A PÉKIN

ci pies. Les flambeaux, brûle-parfums et autres objets du culte portent les symboles du taoïsme.

Les mosquées. — Ainsi que nous l’avons vu plus haut (p. 74), le mahométisme compte en Chine, à côté du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme, de nombreux adeptes, 20 millions environ.

De même que pour les temples bouddhiques, rien dans les mosquées chinoises n’indique à l'extérieur l’origine étrangère du culte auquel elles sont affectées.

L’ARCHITECTURE. iï}

Elles sont de style chinois; seuls, quelques détails de la décoration révèlent la religion qu’on y professe. Des inscriptions tirées du Coran et écrites en caractères arabes, ouïgours ou turcs-djagataï, servent de motifs ornementaux ; ces inscriptions sont généralement les mêmes que celles qui figurent dans les mosquées de l’islam occidental : La ila lii il allah. (Il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu.) Et La ila la allait ’ a\i\. (Il n’y a que Dieu qui soit infiniment haut), etc.

A l’intérieur, les mosquées sont divisées en cinq nefs par trois rangs de piliers de bois. A l’extrémité de la nef centrale est le Mirhab, ouang-yu-lo .

Généralement, il n’v a pas de minaret dans les mosquées chinoises; le muezzin annonce la prière à la porte d’entrée.

A côté de la mosquée proprement dite s’élèvent des bâtiments qui servent de logement aux mollahs ( mania), à l’iman, au muezzin et au katib. Dans la même enceinte se trouve aussi une école ou les jeunes musulmans qui se destinent au culte étudient, sur des textes arabes ou persans, les livres sacrés de leur religion.

Les mosquées, dont le nom chinois est Li-paï-ssc « temples des cérémonies rituelles », sont nombreuses dans l'Empire du Milieu. La plus ancienne est celle du « Saint-Souvenir», à Canton. Construite en 629 par Saad-ibn-abou-Ouaccas, •oncle maternel de Mahomet, qui vint prêcher l’islamisme en Chine, elle a été incendiée en i3qi, réédifiée peu de temps après, puis complètement restaurée en 1699.

On corrîpte environ 20,000 familles mahométanes (soit de 60,000 à 80,000 individus) et 1 1 mosquées

à Pékin. Les musulmans de cette ville ont à peu prés le monopole des boucheries et des bains publics. L’enseigne de leurs boutiques est généralement surmontée d’un croissant.

l’architecture funéraire

Le principe d’après lequel les Chinois ont construit leurs sépultures découle de l’idée qu’ils se sont formée des destinées réservées à l’homme après la mort. C’est une croyance établie en Chine, depuis une très haute antiquité, que, le dernier souffle expiré, une vie nouvelle commence pour le défunt : il subsiste de lui une sorte de fantôme réunissant les linéaments de sa personnalité physique et les traits de sa physionomie morale, une ombre vague, animée de la vie indécise du rêve, une image effacée de ce qu’il a été jadis et comme un autre exemplaire de son corps et de son âme. Cette seconde existence est conçue sur le type de celle qui vient de prendre fin : le mort est doué, dans la tombe, de sensibilité; il connaît à nouveau tous les besoins matériels et intellectuels d’une créature humaine. De là l'importance des rites funéraires destinés à assurer la subsistance, le bien-être, la dignité du mort dans les régions mystérieuses de l’au delà.

En introduisant en Chine, au i,r siècle de notre ère, la croyance à un monde oü les actions d’ici-bas sont jugées, punies ou rémunérées, le bouddhisme n’a pas,

L’ARCHITECTURE

semble-t-il, modifié les idées générales que les Chinois

Page 1