‹ L'art chinoisChapitre 37 sur 106 · Les deux premiers empereurs de cette dynastie ont été en · texte numérisé non relu

Les deux premiers empereurs de cette dynastie ont été en

l’»»I CHINOIS.

lincs formant l’enceinte. A l'entrée de la vallée, un arc de pierre sculptée et une large chaussée dallée, que bordent des statues gigantesques d'hommes et d'animaux (voy. p. 14 1), forment une avenue monumentale conduisant à la nécropole impériale. Les sépultures de la dynastie actuelle des Thsing, qui succéda en 164? à celle des Ming, s’élèvent aussi à peu de distance de Pékin; elles sont du même style que celles des Ming.

Les tombeaux des particuliers sont construits avec moins de luxe et de développement que ceux des Empereurs ; mais la même idée a présidé à la conception de l’ensemble et à la disposition des parties. Les personnages d’un rang élevé dans l’Etat sont toujours enterrés à la campagne : le tertre qui recouvre leur cercueil est situé au milieu d’un jardin; un petit temple ou un simple autel abrité sous un t'ing est construit près de l'entrée, à l’intérieur de l’enclos funèbre. Des dalles de marbre, ou sont gravées des sentences morales ou des prières bouddhiques, se dressent, en avant de la tombe, sur des tortues de pierre sculptée, symboles de félicité éternelle.

Les prêtres bouddhistes se font enterrer généralement sous une stoupa, les musulmans sous un massif de maçonnerie ayant la forme trapézoïdale.

Les tombes populaires se composent d’un simple tumulus devant lequel est placée verticalement une pierre portant quelque emblème d’heureux augure ou une courte prière.

terres près de Nankin : la capitale des Ming n’a été transférée à Pékin qu’en 1410 par l'empereur Young-lo.

LA PIERRE SCULPTEE

Il n est pas d art en Chine dont les origines soient plus obscures que celui de lu pierre sculptée.

Et cependant ces origines ne semblent pas fort reculées : suivant toute vraisemblance, elles ne remontent pas plus haut que le ni* ou le iv* siècle avant notre ère.

D'ailleurs, les monuments qui subsistent sont peu nombreux. La sculpture ayant toujours été comprise en Chine comme I accessoire de 1 architecture, et particulièrement de 1 architecture funéraire, les oeuvres des statuaires ont presque toutes disparu avec les édifices qu'elles avaient pour but de décorer. Nous avons vu. en effet, au chapitre de l'architecture, qu'à plusieurs époques des dynasties nouvellement élevées au trône a' aient ordonne la destruction de tous les monuments rappelant le passé, palais, tours, arcs et portiques, temples et tombeaux.

Les rares spécimens sculpturaux qui ont échappé à

l’action combinée des hommes et du temps ont été notés et reproduits dans un ouvrage fort curieux, le Kingche-so, « l’enchaînement des métaux et des pierres ». Cet ouvrage, sorte de Corpus inscriptiunum, contient, par ordre chronologique, le texte ou la représentation figurée des plus anciennes inscriptions et sculptures de la Chine : il fut composé au xviir siècle.

Le monument le plus ancien signalé par le Kingche-so est une série de dix bas-reliefs décorant un palais situé à Hiao-t’ang-chan, dans la province du Chan-tong. La date, authentiquement constatée sur le monument même, est celle du 11e siècle avant notre ère. L’aspect très archaïque de ces sculptures témoigne d’un art tout à fait primitif et ne permet guère de faire remonter à plus d’un ou deux siècles auparavant l'origine de la sculpture sur pierre en Chine.

Les figures représentées sur ces dix pierres, qui semblent monolithiques, sont sculptées en bas-relief, non pas d’après le procédé de la sculpture grecque ou le sujet s'enlève sur le parement du fond, mais d’après le procédé qui consiste à tenir la surface des figures dans le meme plan que le champ, en les cernant simplement d’un contour creux à angles émoussés. Dès lors, il n’y a plus de modelé, il ne reste qu’une silhouette. C’est le procédé employé par presque tous les sculpteurs des époques primitives et, pour ne citer qu'un exemple, par les artistes égyptiens dans la décoration du Ramesséum et du grand temple de Médinct- Abou 1.

i. Cf. Perrot, Hist. de l'art dans l'antiquité, I, 733.

BAS-RELI EF DE H I A O T 1 A N G - C H A N. — 11e SIÈCLE AV. J.-C.

Les sujets représentés sont tantôt historiques, tan-

tôt légendaires. Ainsi, pour la décoration du basrelief qui est reproduit ci-dessus, le sculpteur s'est inspiré d'un ouvrage datant du IVe siècle avant notre ère, le Chan-haï-king . Livre des montagnes et des

mers », ou sont décrits des régions merveilleuses, des mondes fantastiques.

Il y a, dans un de ces pays, un peuple d'hommes qui ont. de naissance, un trou dans la poitrine; quand ils veulent se faire porter, on leur passe à travers le corps une hampe de bambou et deux esclaves les emportent sur leurs épaules.

Sur une autre façade du monument, l'artiste a traité une scène d histoire : Tcheou-Koung, régent de l’empire pendant la minorité de son neveu Tching-Ouang ino av. J.-C.), reçoit les envoyés du roi des Yuetchang-che voy. p. i ? 5 . Ce peuple habitait l'indo- Chine et était renfermé à peu près dans les limites de l'Annam actuel. Les anciens auteurs chinois rapportent que ces ambassadeurs offrirent à la cour de Chine des éléphants et des faisans blancs et que, pour leur retour. Tcheou-Koung leur lit présent de ■ chars qui montraient le Sud . On a voulu voir dans ces chars magnétiques la première application des principes de la boussole *.

Parmi les sculptures appartenant à la même dynastie, nous trouvons, dans le King-che-so, un ensemble de bas-reliefs décorant le temple des ancêtres Ouleang-tse. au pied de la montage Tse-yun-chan. à 26/1 environ 12 kilomètres» au sud de Kia-tsiang-

Page 1