LES BRONZES RITUELS
Dès la plus haute antiquité dont les annales ou les traditions nous aient transmis le souvenir, les Chinois conp naissaient l’art de fabriquer et de décorer le bronze, et l’on peut dire que cet art a été le langage spontané des époques archaïques de leur histoire, le moule naturel de leur pensée primitive.
Dans les temps les plus reculés, à la limite même de l'ère mythique et de la période positive, c’est-à-dire vingt-sept siècles avant notre ère, on savait fondre et ciseler l’airain, et, en l’an 2220, la technique du bronze
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était assez perfectionnée pour que l'empereur Vu pût
faire graver sur des vases la description figurée des neuf provinces de son empire1 2.
Quelque réserve que l’on doive apporter dans l'admission de faits aussi anciens et dans l’adoption d'une chronologie qu’aucune critique sérieuse n’a encore rectifiée, on peut affirmer qu’à la fin de la deuxième dynastie, — celle des Chang, qui gouverna la Chine de 1783 à ii3q av. J.-C., — le travail des métaux avait tous les caractères d'un art avancé.
Ainsi que nous le verrons par la suite, il est établi, en effet, que sous le règne des premiers souverains de la dynastie suivante5, les artisans chinois créèrent des formes et une décoration très savantes. Or, à moins d'admettre que ceux-ci parvinrent, d’un seul