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LE JADE

Le jade, km, est une pierre dure, pesante, translucide, d’un grain très fin, onctueuse à la vue et au toucher1 2, et dont les tons varient du blanc graisseux au vert olive foncé, suivant les proportions d’oxyde de fer et d’oxyde de chrome qu’il renferme*. Sa dureté est telle qu’il raye le verre et le quartz.

Les principaux gisements de jade sont dans l’ancien Turkestan chinois, près de la ville de Khotan et de celle de Yarkande, dans le pays appelé par les Chinois Yuthian « pays du Jade». Dès la plus haute antiquité, les empereurs de Chine en tiraient de grandes quantités, et l’on voit fréquemment que les rois du Yu-thian en

1. Le jade et le jaspe sont deux minéraux absolument dillérents: le jade est un silicate d'alumine et de chaux, — le jaspe est un quartz.

2. Quelques auteurs citent aussi des types de jade jaune et de jade orange ; mais il n’y a là qu’un malentendu et l’on a appelé à tort du nom de jade des variétés de sardoine.

expédiaient à leurs suzerains d'importants chargements à titre de présents ou de tributs1.

L'excessive dureté du jade impose à l'artisan qui le façonne des conditions particulières de travail. C'est d’abord une patience à toute épreuve; pour lui donner, en effet, outre la forme, tout le poli et tout l’éclat dont il est susceptible, il faut souvent cinq ou six cents journées de main-d’œuvre.

L'ouvrier, ayant arreté son parti apres examen attentif de la pierre brute, de sa forme, des irrégularités visibles ou probables, la dégrossit en pratiquant, avec une fraise à pointe de diamant, une série de trous juxtaposés, de profondeur variable, et en faisant sauter à la bouterolle les parties restées pleines entre ces trous. 11 renouvelle cette opération jusqu'à ce que l’objet qu'il se propose de fabriquer apparaisse dans ses lignes principales. Le décor est travaillé soit par la ciselure à la pointe de diamant, soit par l’usure à la pierre de jade. Le polissage est obtenu, pour le premier état, par une série de frottements sur des pierres communes à polir ; il est achevé à la poudre d’émeri et parfois à l’égrisée.

Le jade est, sans contredit, la matière à laquelle les Chinois attachent le plus de prix; ils le considèrent comme la plus belle substance où puisse s'incorporer la pensée humaine.

Les raisons de cette prédilection qui remonte aux plus hauts temps de l'histoire chinoise, sont assez délicates à indiquer. Pour des yeux européens, elle semble quel-

1. Cf. Abel Rcmusat, Histoire de Khotan (traduite des livres chinois), et Stanislas Julien, Voyage des fè/er/ns bouddhistes , p. 223.

LES PIERRES DU RES

que peu exagérée: si pur que soit le jade, il n'a en effet ni l’éclat du cristal de roche, ni les teintes diaprées de la cornaline, ni les riches colorations de la ^ardoine. ni

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