PÉRIODE PRIMITIVE
Ainsi que nous l’avons vu, c’est vers le milieu du ix- siècle environ que furent fabriqués à Ta-i, dans le
1. Il existe cependant des spécimens de porcelaine, à fond bleu principalement, où le décor est peint avec de l’émail blanc de grand feu posé sur couverte à cru.
Sse-tch’ouen, les premiers produits céramiques ayant tous les caractères de la porcelaine, à savoir la transparence, la dureté et la sonorité.
Ces premières porcelaines étaient blanches, d'un blanc d’ivoire. C’est en y faisant allusion que Thou-fou, le poète de la dynastie des Thang, disait : « Quand on frappe les tasses de Ta-i, elles rendent un son plaintif comme les coupes de jade. Les tasses blanches de Votre Seigneurie effacent l’éclat de la neige. Envoycz-moi promptement une de ces tasses dans mon humble pavillon d'études.» La décoration de ces pièces primitives était dessinée au trait ou peut-être même moulée en relief avant la cuisson : les sujets représentés étaient simples, des poissons, des fleurs, des veines imitant les rides de l'eau.
Vers le même temps aussi, on fabriqua à Youeïtcheou, pour l'usage de l’Empereur, des porcelaines dites Pi-se-j'ao, « porcelaines de couleur cachée. » Quel sens exact faut-il attribuer à ces mots « de couleur cachée »? Doit-on penser, avec l'auteur du King-tetchin-tliao-lou, qu’on signifiait par là que ces pièces céramiques étaient réservées au Fils du Ciel et que les particuliers n'avaient pas le droit d’en posséder? Faut-il croire, comme l’affirme M. du Sartel, qu'il s’agit déjà de couleurs transparentes posées sous couverte? Les éléments que l’on possède sur cette question délicate sont insuffisants à la résoudre.
Au x' siècle, la céramique réalise d'importants progrès : les procédés se sont perfectionnés, le talent des décorateurs se forme. D'ailleurs, c’est l’époque où l’art chinois est sous l’influence toute-puissante du boud-
dhisme et oit, sous l’action des idées indiennes, le goût des artistes s’élève et s’épure. La céramique profite de