‹ L'art chinoisChapitre 61 sur 106 · XIII0 SIÈCLE · texte numérisé non relu

XIII0 SIÈCLE

(Collection de M. S. Bing.)

cette rénovation des conceptions esthétiques que nous avons constatée dans les bronzes, dans les jades et dans les peintures.

Les auteurs chinois nous apprennent que « lorsque

les Soung furent montés sur le trône (960 ap. J.-C.) on fabriqua des porcelaines qui étaient bleues comme le ciel, brillantes comme un miroir, minces comme du papier et sonores comme une plaque de jade. Elles étaient lustrées et d’une finesse charmante. Il y en avait qui se distinguaient par la finesse de la craquelure et la pureté de la couleur. Elles effaçaient par leur beauté toutes les porcelaines précédentes'. » On dit qu’un jour, l’empereur Che-tsong (vers 904), ayant été prié d’indiquer la couleur des vases que l’on devait fabriquer à son usage, écrivit de son pinceau sur le placet qui lui était présenté : « Qu’à l’avenir on donne à mes porcelaines la teinte azurée du ciel, après la pluie, telle qu’elle apparaît dans les intervalles des nuages. » De là est venu le nom de j'u-kouo-thien- tsing , « bleu de ciel après la pluie », qui a désigné dans la suite les imitations de cette porcelaine.

Ces pièces délicates furent comme une révélation pour le goût artistique des Chinois. Elles furent estimées à si haut prix et devinrent si rares que, « lorsqu'on avait le bonheur de se procurer un vase brisé ou seulement de menus fragments, on en faisait des ornements de coiffure, des chapelets, des objets de curiosité 1 2 ».

Cependant, d'importantes manufactures de porcelaines étaient ouvertes dans tout l'empire, sous la protection ou même sous la direction immédiate du gouvernement. La plus importante de ces fabriques est celle de King-te-tchin, dans la province du Kiang-

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