THÉIÈRE
de porcelaine blanche transparente (période khang-hi, 1622-1723.)
(Collection de M. S. Bing.)
premières années du règne de Khang-hi, il se produisit, parmi les peintres qui traitaient particulièrement la famille verte, une scission. Deux écoles se formèrent. L’une continua à s’inspirer des modèles anciens; mais elle en perfectionna le style, y mit plus de grâce et de finesse, avec une distribution plus heureuse des motifs, avec plus de précision dans le dessin. Ce fut elle
blanc d’ivoire, le blanc de cire, le blanc de céruse, le blanc pulpe-de-magnolia, etc. La théière reproduite ci-dessous provient de cette collection.
2° Les porcelaines de la famille verte. — Dans les
qui créa cette série nombreuse de flacons, de vases et de potiches ou, dans des compartiments bordés de grecques et de mosaïques, des fleurs largement dessinées, des branchages en pleine frondaison, des graminées touffues jaillissent d’un arbre ou d'une rocaille, sous un vol d’oiseaux, de coléoptères ou de libellules. Le vert tendre domine dans le décor, à côté du rouge de fer qui le rehausse; mais il y a aussi, çà et là, sur l’aile des oiseaux, sur les élvtres des papillons, sur la corolle des fleurs, des touches de jaune, de bleu et de violet.
Ces produits céramiques exprimèrent à leur heure le goût particulier que les Chinois professent pour les fleurs, la jouissance douce qu’ils éprouvent à les regarder, l'ivresse légère qu'ils ressentent à en respirer le parfum. Nulle poésie plus que la leur n'a chanté les beautés du monde végétal, les couleurs tendres des plantes à leur première floraison, l'éclat opulent de leur épanouissement, les nuances maladives qu’elles revêtent quand elles se fanent. Ce culte délicat de la nature, qui a dicté aux poètes et aux romanciers de la Chine tant d’oeuvres émues, tant de comparaisons gracieuses ou mélancoliques, a bien inspiré ses peintres céramistes et a trouvé parfois, sous leur pinceau chargé d’émaux, son expression la plus pittoresque et la plus brillante.
La seconde école, attribuant moins d'importance au coloris, a produit des œuvres d'une composition savante. d'un dessin soigné, recherché même. L’esquisse du décor était faite sur cru au trait bleu ou au rouge de fer. Les sujets traités étaient des scènes historiques
LA CERAMIQUE.
ou religieuses, pleines de vie et de mouvement.
Lesporcelaines de la famille verte, à grandes compositions, eurent dès leur apparition un succès consi-
dérable; mais les artistes qui s’y adonnèrent n’eurent guère le temps de s’v perfectionner, car un édit impérial, publié en 1677.
les rappela au respect des traditions en interdisant la reproduction sur porcelaine des sujets historiques et religieux.
3° Les porcelaines de la kamille rose. — Vers l’année 1680, on découvrit trois couleurs nouvelles qui donnèrent aux peintres céramistes des ressources inconnues jusqu'à ce jour : c’était le carmin tiré du chlorure d'or, — le jaune franc obtenu de l’antimoine, — et le blanc extrait de l'acide arsénieux. Pour employer