‹ L'art chinoisChapitre 72 sur 106 · VASE BALUSTRE · texte numérisé non relu

VASE BALUSTRE

décoré d’un émail bleu turquoise (période khakg-hi, 1622-172}.)

(Colleciioii J,- M. L. Gons;.)

ces couleurs, on les mêle à un véhicule abondant, et elles forment reliefsur la couverte. Ce rouge d’or, qui est notre pourpre de Cassius, fournissait les roses les plus pâles, avec des nuances d'une douceur exquise. Les sujets le plus habituellement traités sont des Heurs, des

pivoines, des chrysanthèmes, des œillets épanouis, des lotus, etc. Quelque charme dont soient revêtues ces premières pièces de la famille rose, nous attendrons, pour en définir le style, d'en être à l’étude de l’époque suivante, ou ce genre atteint à son plus haut degré de perfection.

4° Les porcelaines a couverte colorée. — Il s’agit ici de porcelaines dont le fond est décoré soit sur cru de couleurs de grand feu, soit sur biscuit de couleurs de demi-grand feu : elles ont des tons d’une rare délicatesse ou d’un éclat vif et profond. Nous distinguerons particulièrement, dans cette classe, les céladons et les flambés.

Les céladons sont bleu turquoise, vert de mer, violet pensée. Ces teintes sont souvent associées sur la même pièce. On en fabriquait déjà dans les périodes précédentes, mais ce ne fut guère que sous le règne de Khang-hi qu’on parvint à composer des émaux qui, par la pureté, la douceur ou la puissance du coloris, rivalisaient avec les gemmes et les productions les plus brillantes de la nature.

Les céladons dits « bleu de ciel après la pluie », en souvenir des porcelaines de Che-tsong dont ils étaient l’imitation1, nous offrent les plus délicats spécimens de ce genre. Mais les céladons ornés de dessins gravés ou imprimés en relief dans la pâte du fond sont encore plus séduisants peut-être par les effets de modelé et de coloration que réalise la couverte accumulée sur le décor : la fluidité des teintes, la sorte d’ombre dont

i. Voy. p. 184.

LA CERAMIQUE.

elles s’enveloppent par places n’ont produites dans les porcelaines de péenne. Notons enfin, dans le même

les céladons bleu empois dont la couverte, préparée au cobalt, a un aspect lumineux, semitranslucide.

En ce qui concerne les flambés , nous en avons réservé l’étude à la période suivante, ou ces produits furent le plus recherchés. Voici cependant, parmi les œuvres du règne de Khang-hi, un des spécimens les plusinte'ressants du genre flambé. C’est un vase à quatre pans sur les parois duquel se sont fixées des coulées d’émail bleu violacé et d’émail rouge sang de bœuf : par la puis-

sance et l’éclat des tons,

jamais pu être refabrication eurôgroupe céramique,

VASE FLAMBÉ (période KHANG-HI, 162 2-1 7 2 J.) (Collection de M. L. Gonse.)

le vase semble lait de pierres précieuses en fusion.

Je pourrais citer encore, dans la même vitrine, à côté de cette pièce accomplie, un petit nombre d’œuvres de la même époque que M. L. Gonse a choisies avec un discernement si délicat, avec une sûreté de goût si par-

laite que chacune d’elles est en soi le type de toute une série céramique. Deux, entre autres, méritent de retenir

l’attention par la grâce heureuse de la forme et par la beauté de la matière : ce sont deux vases balustres couverts, l’un d’un émail bleu turquoise, l’autre d’un émail violet aubergine. (Voy. p. 201 et 204.)

Nous avons vu que, dans la première période, on fabriquait des porcelaines craquelées qui étaient fort estimées. Sous le règne de Khang-hi, le procédé du craquelé s’était perfectionné : les artisans étaient plus habiles encore à modifier la couverte de façon à la rendre dilatable, à leur gré, et à obtenir un degré précis de craquelure. De cette époque datent les céladons truités qui jouirent de tant de vogue en France au xvnr

— ^ ni J

VASE UALUSTRE

décoré d’un émail violet aubergine.

(période khang-hi, 1662 - 1723.)

(Collection de M. L. Gonse.)

siècle.

Les plus beaux spécimens de la porcelaine dite de Long-Thsiouen peuvent être attribués à la période Khang-hi. Ce sont

LA CERAMIQUE.

2oS

de fins craquelés de couleur vert pâle ou vert foncé.

La manufacture de Long-thsiouen (province du Tche-Kiang) était en activité déjà sous la dynastie des

USC-TCHY,

Porcelaine décorée d’émaux flambés.

(période khang-hi, 1622-1723.)

(Collection de M. S. Bing.)

Soung (1 100 environ ap. J.-C.) ; mais, pendant plusieurs siècles, elle ne fabriqua que des produits grossiers, d’un bleu très sombre et sans craquelures.

Nous classerons, à la suite des céladons, des porcelaines unies à couverte de grand feu, dites porcelaines

ÏOrt

de Thsang, du nom du mandarin qui dirigeait, sous le règne de Khang hi, la manufacture de King-te-tchin.

L'émail qui décorait ces porcelaines e'tait vert « peau de serpent » ( che ■ pi-lu ), jaune d’or ( kin hoang-yeou\, jaune pâle, violet et vert pâle. Il y avait aussi des vases tsekin-che, à fond laque, qui étaient susceptibles de recevoir toutes les colorations du bronze et qui étaient très recherchés.

A l’occasion de ces porcelaines unies, nous devons noter l’idée, très différente de la nôtre, que se font les Chinois en ce qui concerne l’égalité dans l’épaisseur et le glacé de la couverte.

Tandis qu’à Sèvres, par exemple, on considère comme un grave défaut le miroitage que prennent certaines de ces pièces, en Chine, au contraire, on estime cette sorte de mçirure qui est, pour ainsi dire, la modulation de la couleur du fond.

Les porcelaines à fond noir sont intéressantes par

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