TABATIÈRE
en porcelaine coquille d’œuf.
(PÉRIODE V O V N C-T CH I N G, I 7 2 j - 1 7 3 <5. ) (Collection de M. L. Gonse.)
LA CERAMIQUE.
héroïne de ce dernier ouvrage se retrouve à tout instant, sur le flanc des potiches de cette classe, apparaissant à son amant telle que la dépeint le poète : « Elle incline avec grâce ses épaules parfumées et sourit en tenant un bouquet de fleurs. Ses sourcils, noblement arqués, s’arrondissent comme la lune nouvelle... Déployant comme une habile danseuse ses membres souples et gracieux, elle ressemble à un saule qui se balance au gré du soir. »
2° Les porcelaines « coquilles d’œuf », à la fabrication desquelles les artisans des époques précédentes s’étaient déjà essayés, apparaissent dans toute leur perfection à la fin du règne de Young-Tching, c’est-à-dire vers 1732. On les appelait des tho-taï-khi, « vases sans embryon ». « L’expression tho-taï (enlever l’embryon) veut dire qu’on enlève (t/20) la matière qui constitue le vase brut (tuï), et que ces porcelaines semblent seulement faites avec de l’émail1. » Le mot tat, littéralement « embryon », désigne la matière qui constitue le corps ordinaire d’un vase de porcelaine brute, et sur laquelle on applique la couverte. Dans les « coquilles d’œuf », cette matière est réduite à la moitié de son épaisseur, et même, dans les pièces très fines, elle paraît tout à fait supprimée, comme si la porcelaine ne se composait plus que de glaçure. Les tho-taï-khi , qui sont soit tournées, soit coulées, exigent une habileté et une légèreté de main incroyables de la part de l’artisan qui les confectionne. C’est la matière industrielle la plus délicate, la plus parfaite qui soit