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Che Tsou.
Cheng Tsou.
Che Tsong.
Kao Tsong.
Jen Tsong.
Siuan Tsong.
AVen Tsong. Mou Tsong.
jlP /g Chouen-tche.
M %. : K'ang-hi.
^% Lt Yong-tcheng.
TO IS K'ien-long.
^ M Kia-k'ing.
ijg^ >nL Tao-kouang.
j^ S Hien-fong.
1^ '/â T'ong-tche.
TU .'ÎW Kouang-siu.
furent marqués par les exploits d'un fameux amiral eunuque qui conduisit des jonques armées dans Tlnde, à Geylan et en Arabie, descendit le long de la côte africaine jusqu'à Magadoxu et remonta la mer Rouge jusqu'à Jiddah, port de la Mecque. On mentionne des porcelaines céladon {k'ing tseu) parmi les objets emportés à la Mecque sous le règne de Siuan-to (i 426-1 435) ; ce fut peut-être une de ces expéditions qui amena les vases céladons envoyés en 1487 à Laurent de Médicis par le Sultan d'Egypte. Au siècle suivant, des navires portugais et espagnols apparurent pour la première fois dans ces mers, et l'on n'y vit plus de jonques chinoises.
C'est à cette époque que commence l'histoire moderne. Nous n'en parlerons pas ici. Il nous a suffi de joindre au tableau de la dynastie des Ming une énumération des empereurs Tartares Mandchous, qui supplantèrent les Ming en 1644 ^t régnent encore en Chine. Le prestige des souverains actuels paraît singulièrement amoindri quand on le compare à celui de leurs illustres prédécesseurs, les K'ang-hi (1662-1722) et les K'ien-long (1736-1795). La feue impératrice douairière était hostile aux étrangers et était, en outre, peu scrupuleuse ; mais elle tenait d'une main ferme le pinceau qui signait les rouleaux autographes qu'elle distribuait à ses fidèles, et protégeait l'art national avec toute la libéralité possible.
On ne trouve point en Chine de sculptures sur pierre qui puissent être comparées, en importance ou en antiquité, aux anciens monuments de l'Egypte, de la Ghaldée et de Suse. Les principaux matériaux des constructions chinoises ont toujours été le bois et la brique : la pierre ne vient généralement que comme accessoire d'architecture et pour la décoration des intérieurs.
Les débuts de la sculpture sur pierre, comme ceux de beaucoup d'autres arts du Céleste Empire, restent très obscurs, en dépit de tout ce qui a été écrit sur ce sujet, aussi bien par des érudits chinois que par des étrangers.
D'après les ouvrages chinois, l'originalité de cet art, dans ses débuts comme dans son développement, semble indiscutable ; cette opinion paraît acceptable jusqu'à preuve du contraire \
Les théories étrangères sont extrêmement diverses ; elles
I. Telle était déjà la conclusion de M. Chavannes. « Quoique les documents les plus anciens (de la sculpture sur pierre en Chine) aient disparu, dit-il. il est essentiel de savoir par des textes écjnts quHl en existait dès le règne de l'empereur King [156-lil av. J.-C), c'est-à-dire avant qu'on puisse constater rétablissement de rapports entre la Chine et les contrées occidentales. Cette considération enlève en effet tout fondement à la théorie de certains auteurs européens qui ont prétendu que cet art était une importation de VOccident. » (Ed. Chavannes. La sculpture sur pierre en Chine au temps des deux dynasties Han, 1893, page xxix.)
Nous citerons souvent M. Chavannes au cours de ce chapitre. Il est impossible d "étudier la sculpture sur pierre en Chine sans se reporter fréquemment à ses ti-avaux. — N. d. t.
a6 L'ART CHINOIS
varient selon les idées personnelles de chaque écrivain sur les origines et sur l'évolution générale de la race chinoise. Le D"" Legge, comme beaucoup d'autres missionnaires, prend comme point de départ le livre de la Genèse et « suppose que la famille^ ou collection de familles^ — la tribu — des fils de Noé, qui donna plus tard naissance aux nations les plus nombreuses^ commença son exode du côté de Vest, en partant des régions qui s'étendent entre la mer Noire et la mer Caspienne, ceci peu de temps après la confusion des langues » ; cette tribu aurait atteint finalement la vallée du fleuve Jaune, où elle se serait rencontrée avec d'autres tribus de mœurs plus grossières qui l'y avaient précédée (leur itinéraire n'est pas aussi minutieusement tracé), et sur lesquelles elle l'aurait emporté.
M. Terrien de Lacouperie fait sortir ses fantaisistes « Bak tribes », des mêmes parages, ou à peu près — les versants méridionaux de la région Caspienne — sous la conduite d'un certain Nakhunte, qui pourrait bien être l'ancien chef chinois Houang Ti ; il apporte comme preuves à l'appui un manuscrit cunéiforme akkadien et plusieurs citations des anciennes annales dont il donne Fénumération complète dans son livre Western Origin of the Early Chinese Civilisation (1894).
Perrot et Chipiez, dans leur Histoire des Arts anciens de r Egypte, de la Chaldée et de l'Assyrie^ etc.^ soutiennent une opinion totalement opposée. « Pendant la période qui nous occupe, disent-ils, la Chine aurait aussi bien pu se trouver dans la planète Saturne, étant donnée la place qu'elle tient dans l'antiquité ; il est donc inutile d'en parler désormais^ sauf peut-être de temps à autre à titre d'exemple. »
La vérité doit se trouver entre ces deux extrêmes, mais ce n'est point ici le lieu de concilier des autorités si opposées.
Les caractères si particuliers de l'écriture chinoise sem-
bleraient du moins être d'origine et de développement purement indigènes. Les érudits chinois reconstituent soigneusement et correctement les phases principales de son évolution : comment les dessins primitifs {wen) d^objets et de qualités furent d'abord employés seuls ou combinés entre eux ; comment ils furent dans la suite employés phonétiquement pour d'autres monosyllabes de son analogue, jusqu'au moment où on s'accorda finalement pour affixer ou préfixer un radical ou déterminatif, afin de distinguer les mots de même son mais de sens différent. Ce dernier principe est celui d'après lequel ont été formés les caractères multiples [tseu) du lexique chinois, composés comme ils le sont d'un radical qui détermine le sens et d'une phonétique qui suggère le son ; c'est selon ce même principe que doivent être tracés tous les caractères nouvellement inventés.
Les érudits chinois professent une véritable vénération à l'égard des manuscrits, au point de payer des hommes pour réunir tous les fragments épars de manuscrits ou d'imprimés, afin de les brûler ensuite avec toute la pompe convenable. La Chine range l'écriture parmi les beaux-arts et place même au-dessus du peintre le calligraphe qui sait écrire élégamment, en traits larges et vigoureux, d'un pinceau coulant et facile. Elle entoure du plus profond respect les antiquités de pierre et de bronze qui portent des inscriptions ; sous ce titre Corpus Inscriptionum, ont été publiés depuis un millier d'années une longue série d'ouvrages dont la bibliographie remplirait des pages nombreuses.
Il existe deux dictionnaires d'écriture ancienne, indispensables à l'amateur d'antiquités ; c'est d'abord le Chouo çveii, compilé par Hiu Chen, en l'an 100 de notre ère, pour servir à déchiffrer les vieux textes sculptés sur des tablettes de bambou ; il avait été enterré pour échapper à la destruction générale ordonnée par Ts'in Che Houang ; on l'exhuma sous la dynastie des Han, lorsque la littérature cessa d'être pros-
crite. C'est ensuite le Chouo wen kou tcheou pou^ publié en 1 884 par Wou Ta-tch'eng, haut fonctionnaire et célèbre érudit contemporain; la préface est de Pan Tsou-yin, président du ministère des Châtiments, un autre célèbre collectionneur d'antiquités ; cet ouvrage réunit quelque 35oo caractères d'écriture des Tcheou (1122-249 ^^- J'-C)? fidèlement reproduits en fac-similé sur les originaux de pierre et de bronze. ainsi que d'après les cachets et les poteries de Tépoque.
Les antiquités les plus appréciées de la dynastie des Tcheou sont dix tambours de pierre, qui se trouvent aujourd'hui dans les deux ailes de Fentrée principale du temple de Confucius, à Pékin, où ils furent placés en 1807 par Kouo Gheou-king, célèbre ministre et astronome des règnes de Koubilaï Khan et de son successeur. Ce sont en réalité des galets de montagne, grossièrement sculptés en forme de tambours, de 90 centimètres de haut environ ; on les trouvera reproduits (fig. 6) d'après une photographie prise à Pékin par M. J. Thomson, le savant photographe, attaché maintenant à la Société royale de géographie^. L'illustration montre comment le tambour de droite a été tronqué et creusé pour servir de mortier à broyer le grain ; il perdit ainsi près de la moitié de son inscription ; il y est fait allusion en des vers connus du célèbre poète Han Yu, écrits en 812, et gravés sur une stèle de marbre érigée dans le temple de Confucius par Fempereur K'ien Long, qui les fit suivre d'une ode laudative de sa composition.
Ces tambours de pierre furent découverts dans la première partie du vii^ siècle ; ils gisaient à demi ensevelis sous terre, dans le voisinage de Fong-siang Fou, ville de la province du Chàn-si, au sud des collines nommées K'i chan
I. Nous devons adresser l'expression de notre vive gratitude à M. Thomson qui, par les figures 6, 24, 27, 33, 37, 44, 64 et 65, a apporté une contribution généreuse à notre série d'illustrations.
qui donnent leur nom à la ville du district, K'i-chan Hien^ On les plaça dans le temple de Confucius, à Fong-siang Fou, en 820 environ de notre ère. Quand l'empereur (dynastie des Song), s'enfuyant devant les Tartares K'i-tan^, arriva dans la province du Ho-nan où il fonda une nouvelle capitale, une vaste salle fut spécialement construite dans le grand palais neuf terminé en 11 19, pour y exposer les tambours ; un édit avait décidé que les inscriptions seraient remplies d'or comme signe de leur valeur, et pour empêcher en même temps qu'en prenant des estampages on les détériorât davantage à coups de maillet ^
Mais ils n'y restèrent que quelques années, car les Tartares Jou-tchen"^ saccagèrentla ville en 11 26, enlevèrent Fins-
1. T'ai Wang, ancêtre des Tcheou, se transporta dans cette localité en iSaS avant Jésus-Christ ; elle resta capitale de lEtat Tcheou jusqu'à l'époque de Wen Wang qui, dit-on, aménagea au sud du mont K'i, un parc de chasse entouré d'un mur de 70 li carrés, qu'on suppose être le « grand parc » de notre inscription (fîg. 7).
2. Les K'i-tan, peuplade que Ion trouvait à l'origine en deçà et au delà de la frontière ouest de la Mandchourie méridionale, ont à deux reprises régné sur diverses parties de la Chine. De la fin du x^ jusqu'au commencement du xii^ siècle, ils ont occupé toute la Chine du Nord. C'est vers ce moment que l'Europe commença à désigner la Chine sous le nom de Kathay ou Cathay, — ^V. d.t.
3. Les Chinois obtiennent des empreintes d'inscriptions au moyen de feuilles de papier fin, résistant et adhérent, mouillées et appliquées de façon égale sur la surface de la pierre ou du bronze. On applique d'abord le papier à coups de maillet de bois, en ayant soin d'interposer un morceau de feutre pour ne point abîmer l'objet, et on le pousse ensuite dans tous les creux au moyen d'un pinceau aux longues soies douces. Si lé papier se déchire pendant l'opération, un petit tampon de papier humide cachera la fente et remplira parfaitement le vide. Aussitôt que le papier est suffisamment sec, on le frotte également et légèrement avec un coussinet bourré de soie ou de coton, trempé dans de l'encre de Chine réduite en poudre. Lorsqu'on 1 enlève enfin, il porte une empreinte durable et parfaite de l'inscription ; celle-ci naturellement, apparaît eu relief blanc sur un fond rouge ou noir selon la couleur du bâton d'encre,
4. Les Jou-tché, Jou-tchi ou Jou-tchen, Tongouses, ancêtres des Mandchous actuels ; les empereurs Song eurent l'imprudence de les appeler à leur secours contre les K'i-tan; les Jou-tchen en profitèrent pour s'établir solidement dans la Chine septentrionale, et en 1127 les Song se virent forcés de leur abandonner toute la moitié de leur empire au nord du fleuve Bleu.
Leur roi Hi-tsong, voulant se concilier ses nouveaux sujets Chinois, alla
3o L'ART CHINOIS
criplion d'or et emportèrent les tambours dans leur propre capitale, le Pékin moderne.
Les inscriptions qui se trouvent sur les tambours de pierre comprennent une série de dix odes ; chacune d'elles est gravée en entier, sur chaque tambour ; ces odes sont composées de stances rimées en vers irréguliers, dans le style des odes de la période primitive des Tcheou recueillies dans le Che Ching, le Livre des Vers compilé par Gonfucius. Elles célèbrent une partie de chasse et de pèche faite par l'empereur dans le pays où l'on découvrit les tambours et content comment les routes avaient été restaurées et les cours d'eau nettoj'és, pour permettre une grande battue exécutée par des troupes de guerriers, sous le commandement des princes féodaux spécialement mandés à cette occasion. Le numéro cyclique du j'oz^/' est donné en une ligne mais rien n'indique l'année ; les Chinois compétents diffèrent malheureusement sur l'évaluation de la date. Cette date doit en tout cas être antérieure à Tan 770 avant Jésus-Christ, qui marque, ainsi que nous l'avons vu, le transfert de la capitale des Tcheou vers l'est, à Lo-yang, et la cession de leur territoire ancestral à l'État de Ts'in, qui se développait alors et devait les supplanter dans la suite. Les plus anciennes autorités attribuaient généralement les inscriptions — et cela pour des raisons exclusivement littéraires — au règne de Siuan Wang (827-782 av. J.-C.) ; mais divers érudits compétents les ont fait récemment remonter à Tch'eng Wang (11 15-1079); cette opinion paraît fondée.
Les Annales sur Bambou et les Annales de Lou mentionnent toutes deux une grande expédition de chasse au sud
visiter en personne les salles et le collège de Confucius à qui il décerna les honneurs royaux. Koubilaï Khan (Hou-pi-lie) devait en cela suivre son exemple. (Cf. notamment le P. Louis Gaillard : Nankin d'alors et d'aujourd'hui^ aperçu historique et géographique, passim.) — N. d. t.
LA SCULPTURE SUR PIERRE 3i
du Mont K'i, au printemps de la sixième année de Tch'eng Wang, à son retour d'une expédition militaire à la rivière Houai, dans l'est ; on suppose, non sans raison, que c'est à cette occasion que fut gravée l'inscription sur les tambours. Le caractère archaïque de l'écriture et ses analogies avec des inscriptions de la même époque sur des vases de bronze récemment exhumés, tendent à fortifier cette opinion, bien qu'elle ne soit pas universellement acceptée. Bref, laissant de côté la question de la date exacte, on peut ranger à coup sur les tambours de pierre parmi les antiquités primitives de la dynastie des Tcheou*.
Nous reproduisons (fig. 7) un fac-similé de la première des dix inscriptions, pris sur l'une des empreintes de la dynastie des Sung, et plus tard gravé sur pierre, au collège de Hang tcheou, par le grand vice-roi et érudit Yuan Yuan (1764-1849). La traduction en est à peu près la suivante :
Nos chariots étaient lourds et forts, Nos attelages faits de coursiers bien couplés, Nos chariots étaient brillants et éclatants, Nos chevaux vigoureux et luisants.
Les nobles s' assemblèrent en foule pour la chasse, Et chassèrent tout ^n fermant le cercle. Les biches et les cerfs couraient en bondissant Et les nobles les serraient de près.
Tirant nos arcs de corne polie
Et ajustant des flèches à la corde,
Nous les poursuivions à travers les montagnes ;
Les sabots de la chasse sonnaient ,
Et ils {les animaux ?) s' attroupaient en masse serrée
Tandis que les conducteurs retenaient leurs chevaux.
I. M. Chàvannes, dans son compte rendu du présent ouvrage [T'oung pao, série II, vol. YI, p. n8), fait remarquer que tous les épigraphistes chinois ne sont pas d'accord sur l'attribution de ces tambours à la dynastie Tcheou. Tcheng Ts'iao et Yang Chen en particulier pensent qu'ils ont été gravés par un roi de Ts'in postérieur au roi Houei-wen (337-3 ii av. J.-C). — N. d. t.
Biches et cerfs continuèrent de fuir^ rapides,
Jusqu'au moment où ils atteignirent le grand parc de citasse '
Nous lançâmes nos chars à travers la forêt
Et, comme nous les découvrions un par un.
Nous frappions à coups de flèche le sanglier sauvage et ïélan.
Si nous passons maintenant aux figures sculptées qui décoraient les murs des monuments et des tombeaux, nous en trouvons des mentions fréquentes dans la littérature primitive. La vie de Gonfucius relate une visite du philosophe faite en 517 avant Jésus-Ghrist à la cour des Tcheou, à Lo-yang, au cours de laquelle il vit sur les murs de la salle de Lumière, où les princes féodaux étaient reçus en audience, les portraits de Yao et de Ghouen, avec des paroles de louange ou de blâme inscrites sur chaque portrait, et un tableau montrant Tcheou Kong accompagnant en qualité de ministre son petit-neveu Tch'eng Wang (fig. 5).
« Maintenant^ s'écria Confucius, je connais la sagesse du duc de Tcheou et je comprends comment sa maison parvint a V empire; nous voyons V antiquité comme dans un miroir et nous pouvons appliquer ses leçons à V époque actuelle. »
Dès le 11^ siècle avant Jésus-Ghrist, d^autres écrivains parlent de temples ancestraux, de tombeaux de princes et de hauts fonctionnaires, situés dans les provinces du Sseutch'ouan, du Hou-pei et du Ghan-tong, et qui contenaient des sculptures en creux et des bas-reliefs sculptés, représentant toutes sortes de scènes, terrestres et célestes, historiques et mythologiques.
Les exemplaires les plus connus qui nous soient parvenus proviennent de deux localités de la province du Ghan-tong et sont respectivement attribuées au premier siècle avant Jésus-Ghrist et au second siècle de notre ère. Des estampages pris sur les pierres par le procédé que nous avons décrit circulent à travers la Chine, à Tusage des érudits ; ils
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SCULPTURE SUR PIERRE. HIAO t'anCx CHAX
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