‹ L'art chinoisChapitre 12 sur 91 · FIG. 1-2. PHENIX SCULPTES ETC · texte numérisé non relu

FIG. 1-2. PHENIX SCULPTES ETC

!« siècle av. Jésus-Christ.

91 cent. 1 2 sur 2.j cent. 1,2.

^ Cf.

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forment un recueil d'environ 80 feuilles, reproduites en tout ou en partie dans plusieurs ouvrages d'archéologie indigène ^

Les plus anciennes séries comprennent huit panneaux de pierre, trouvés sur la montagne appelée Hiao-t'ang-chan, à 60 li environ au nord-ouest de la ville de Fei-tch'eng Hien, dans la province du Ghan-tong. Les figures ne sont gravées que peu profondément quand on les compare aux bas-reliefs plus hardis des dernières séries; mais les oiseaux et les autres détails sont souvent dessinés avec un sentiment singulièrement naturaliste. Il n'existe point de témoignage contemporain quant à la date, mais les graffiti laissés par les premiers pèlerins qui se rendirent aux tombeaux confirment la date que lui attribuent généralement les archéologues chinois : la fin de la première dynastie des Han, c'est-à-dire le i^" siècle avant Jésus-Christ. Le premier de ces graffiti^ gravé dans la sixième pierre, est ainsi conçu :

I. On me permettra de rappeler ici que je fus sans doute le premier à apporter en Europe un de ces recueils ; je le présentai au Congrès orientaliste de Berlin en 1881 ; deux des feuilles furent ensuite photographiées au South Kensington Muséum sur la demande de Sir Philip Owen qui avait conseillé vivement, mais sans succès, la publication de la série entière. Le lieutenant D, Mills, au cours d'un voyage en 1886, vit les pierres, abritées dans le bâtiment qui, environ un siècle auparavant, avait été affecté à leur conservation par les autorités locales; il apporta en Angleterre une autre série d'empreintes dont il fit don au British Muséum. Le professeur E, Cha vannes visita également cette région en 1891 et publia toute la collection accompagnée d'uu savant commentaire en un volume, intitulé La sculpture sur pierre en Chine au temps des deux dynasties Han, édité à Paris en 1893, sous les auspices du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. — N. d. Va.

— M, Philippe Berthelot se rendit à son tour aux tombes de la famille Wou vers 1904, et en rapporta des estampages, au cours d'une mission qui lui permit en outre de recueillir de curieux documents à Si-ngan-fou, au défilé de Long-men, et à K'ai-fong-fou.

Dans son ouvrage déjà cité (p. xxxiii), M. Chavannes rappelle que l'érudit Yuan Yuan donna la première description complète des bas-reliefs du Hiaot'ang-chan et des tombes de la famille Wou dans son Recueil des inscriptions sur métal et sur pierre du Chan-tong.

En 1907, M. Chavannes a visité, pour la seconde fois, les tombes de la famille Wou ; il en a publié de nouveau les estampages dans l'album de sa Mission archéologique dans la Chine septentrionale , paru à la fin do l'année 1909, — N. d. t.

« Le 2^^ jour du 4^ mois de la 4^ année (129 de notre ère) de Vépoque de Yong-kien^ Chao Chan-kiun de To-yin, dans la province de PHng-yuan, vint visiter ce monument ; il se prosterna en signe de gratitude pour Vinfluence éclatante et sacrée dont il fut illuminé. »

Nous ne pouvons reproduire entièrement les panneaux, mais un ou deux fragments suffiront pour montrer le style des diverses scènes qui y sont figurées ; elles vont de la représentation de divinités taoïstes et d'animaux mythologiques à celle de batailles, avec des archers tartares vêtus de fourrures et portant des bonnets de feutre pointus, à la Scythe; on y voit encore des scènes de chasse et de cuisine, des processions portant des tributs, des épisodes historiques et légendaires, etc. Des fragments de Tune des processions sont reproduits dans les figures 8, 9, 10. Nous voyons, au milieu de la figure 9, le « Grand Roi » — Ta Wang — assis sur un chariot traîné par un attelage de quatre chevaux de front, harnachés ; sur le joug recourbé des chevaux est juché un phénix au-dessous duquel passent les rênes; en avant se trouve un grand chariot à deux chevaux, recouvert d'un dais reposant sur une perche centrale à têtes de dragons, et qui porte deux musiciens jouant sur un tambour de cuir auquel sont suspendues des clochettes de métal, puis, outre le conducteur, un groupe de quatre musiciens soufflant dans des flûtes de Pan ; ce chariot rappelle celui qui, au vieux temps, accompagnait le général à la bataille et où, dit-on, le tambour sonnait l'attaque, et les cloches, la retraite.

Deux chariots viennent encore traînés par un couple de chevaux (fig. 10) ; le premier est armé des têtes de lances fourchues, en bronze, semblables à des hallebardes (ko)., tandis qu'une arme spéciale à cette époque ressort par derrière ; des armes analogues sont entre les mains des hommes à pied qui conduisent le cortège (fig. 8); ils portent en plus de

courtes épées à leur ceinture. Les cavaliers ont des selles, des tapis de selle en cuir et des étriers ^ ; les queues de leurs chevaux sont nouées, selon la mode qui règne encore en Chine ; les vides sont remplis ça et là par des oiseaux qui volent dans la direction du cortège.

Nous avons choisi les deux fragments suivants pour les reproduire parce qu'on y voit la première représentation connue du dragon chinois, long, et du phénix fong-houang. Le dragon cornu de la figure 11, avec son corps de serpent écailleux, ses quatre pattes et ses ailes rudimentaires est en train de poursuivre un rat qui n'est pas visible sur le panneau ; il est placé entre des bandes ornementales de dessin primitif, l'un semé de « cash' », l'autre de motifs en losanges. Les phénix de la figure 12, intermédiaires entre le paon et le faisan argus, sont appaturés par un singe sur le toit d'un pavillon à deux étages, dont on ne voit dans l'illustration que le plus élevé, occupé parla Si Wang-mou et ses courtisans ; le phénix est toujours représenté comme le roi de la gent emplumée. Parmi les autres oiseaux, on peut reconnaître à gauche une oie sauvage, tandis qu'à droite un épervier fond sur un lièvre.

Les gravures i3 et 14 représentent le soleil et la lune avec des attributs mythologiques : ces deux astres sont appliqués sur des bandes parsemées de constellations, dont les étoiles sont réunies par des lignes selon la mode chinoise^.

La lune est habitée par le crapaud et le lièvre, dessinés dans la figure i3 en traits réalistes, et dont le corps est marqué d'un pointillé. Selon d'anciennes légendes, Tch'ang-0, femme du « seigneur Archer », du temps de l'antique em-

I. Il semble qu'il y ait ici une légère inexactitude; aucun des cavaliers figurés sur les pierres du Hiao tang chan n'a d'étriers. — N. d. t.

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