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VASE DE PORCELAINE EX FOIIME DE BOUTEILLE ROUGE PALE ET OR

laul. 43 ceul. 1 10, diain. -22 cent. I

FIG. l\l. — ■ GOURDE DE PORCELAINE ; COUVEUTE BRUNE

Reliefs représentant des fleurs, « slip » blanc.

Ilaul. 20 cent. 7 10. diam. lo cenl. 8:10.

Le Long-tsHuan Yao, qui vient ensuite, est la fameuse porcelaine céladon, fabriquée à cette époque dans la province du Tchô-kiang, le Ts'ing ts'eu^ « porcelaine verte » par excellence des Chinois, seiji des Japonais, mariabani des Arabes et des Persans. 11 existe une pile respectable d'ouvrages sur « la question du céladon » ; elle a été traitée à tous les points de vue ; nous n'y insisterons pas malgré tout l'intérêt qu'elle présente. La porcelaine Long-ts'iuan de la dynastie des Song se distingue par sa couleur vert gazon brillant, que les Chinois comparent aux pousses d'oignon frais ; cette teinte est plus accusée que le vert grisâtre ou « vert de mer » des céladons de date postérieure.

Le Kiwi Yao était une sorte de faïence fabriquée à Kiuntcheou, aujourd'hui Yu-tcheou, dans la province du Honan. Les glaçures en étaient remarquables par l'éclat et la variété des couleurs ; notons particulièrement les « flambés de transformation », dont le rouge éclatant passait par toutes les teintes intermédiaires, du pourpre jusqu'au bleu pâle ; on l'a difficilement égalé depuis.

Pour se rendre compte de la grande diversité des couleurs de couverte employées jadis, il suffira de consulter la liste des pièces de Kiun-tcheou envoyées du palais aux poteries impériales de King-tô-tchen pour y être reproduites, sous le règne de Yong-tcheng. On y trouve le rose cramoisi, le rose pyrus japonica, le pourpre aubergine, la couleur prune, la couleur foie de mulet, mélangée de poumon de cheval, le pourpre sombre, le jaune millet imi-sô)^ le bleu ciel, les transformations-de-four [yao-pieii) ou flambés. Les reproductions furent exécutées en temps voulu, pendant la première moitié du xviii^ siècle ; la nouvelle pâte blanche formait, dit-on, un contraste marqué avec la pâte sablonneuse et mal pulvérisée des pièces originales.

Les dernières porcelaines de la dynastie des Song qui

méritent une mention sont les Kien Yao ^ originaires de cette province du Fou-kien où se faisaient les tasses émaillées de noir, aux flancs en saillie, si appréciées pour les cérémonies de thé à cette époque. La couche noire et brillante de ces tasses était tachetée et pommelée de blanc argenté, imitant la fourrure du lièvre ou le jabot du perdreau gris ; d'où le nom de « tasses fourrure-de-lièvre » ou « tasses perdreau )> que leur donnent les connaisseurs. Ces petites tasses à thé étaient également très haut cotées par les Japonais ; ils les entouraient de rebords d'argent et réparaient habilement, avec de la laque d'or, celles qui étaient brisées. Notons que les Kien Yao plus récents, fabriqués depuis la dynastie Ming à Tô-houa, dans la même province, diffèrent totalement des Kieji Yao des Song que nous venons de décrire ; ce sont en effet des porcelaines de ce blanc velouté que l'on nomme parfois blanc de Chine et dont nous allons nous occuper.

Dynastie des Ming (i368-i643). — La dynastie des Ming est fameuse dans les annales de l'art céramique chinois ; cet art réalisa alors de si grands progrès que, disent les auteurs, pendant le règne de Wan-li, il n'existait pas un objet qui ne pût être fabriqué en porcelaine. Les censeurs du temps publièrent une série de protestations pressantes contre les dépenses excessives faites par l'empereur pour de simples articles de luxe; ces protestations sont conservées dans les archives de la céramique. Les commandes de la Cour dénotaient un véritable esprit de magnificence: 26.35o bols avec 3o.5oo soucoupes assorties, 6.000 aiguières avec 6.900 coupes à vin et68o grands bassins à poissons pour les jardins (chacun devait coûter 40 taëls) furent réquisitionnés pour le service de la Cour en la seule année i554, sans compter un grand nombre d'autres objets.

Ces commandes, extraites des archives de King-to-tchen,

et toutes datées, sont devenues de véritables trésors de connaissances exactes pour les recherches sur les couvertes et les styles de décoration, maintenant surtout que la terminologie de la céramique chinoise nous devient plus familière. En l'an 1544? P^r exemple, nous trouvons une commande de 1.340 services de table de 2^ pièces chacun ; 38o doivent être peints en bleu sur fond blanc, avec un couple de dragons entourés de nuages; 160 seront blancs, avec dragons gravés en pleine pâte, sous couverte ; 160, revêtus de brun monochrome de « fond laque» ou teinte « feuille morte » ; 160, de bleu turquoise monochrome ; 160, couleur corail ou rouge de fer [fan-hong] au lieu du rouge de cuivre {hien-hong) de grand feu que Ton demandait auparavant; 160, émaillés de jaune ; et 160, émaillés de vert éclatant. En présence de ces documents, il n'est plus permis désormais de taxer d'inventions postérieures les couleurs unies que nous venons de citer, bien que le Père d'Entrecolles Tait fait pour le fond laque — le ts'eu-kin (or bruni) des Chinois — qui donne toutes les nuances du brun, du chocolat au vieil or.

Hong-wou, fondateur de la dynastie des Ming, rebâtit la manufacture impériale de King-tô-tchen dans la seconde année de son règne (1369) 5 c'est là que la fabrication se concentra et se développa graduellement, sous le patronage direct des empereurs suivants. A partir de cette époque, le travail artistique de la porcelaine devint en fait le monopole de King-tô-tchen. Toutes les célèbres couvertes anciennes y furent successivement reproduites ; on y inventa plusieurs procédés de décoration nouveaux qui se répandirent à travers la Chine, et de là, parles routes commerciales, gagnèrent diverses parties du monde.

Les autres fabriques, ou bien disparurent entièrement, ou bien dégénérèrent et ne fournirent plus que des produits de second ordre, destinés uniquement à la consommation locale.

La seule exception à cette règle générale est la manufacture de Tô-houa, dans la province du Fou-kien, dont nous avons déjà parlé, et où l'on fabrique le Kien-Tseu blanc. Les poteries fondées au début de la dynastie des Ming y fonctionnent toujours. Leur produit caractéristique est le pO'ts'eUj la « porcelaine blanche » par excellence des Chinois, le « blanc de Chine » des premiers écrivains français qui s'occupèrent de céramique. Cette qualité diffère entièrement des autres porcelaines de l'Orient : la pâte, au grain lisse et fin, prend des tons blanc-crème semblables à l'ivoire, tandis que la couverte, épaisse et riche, fait songer par son aspect satiné à la surface des pièces à pâte tendre, et se confond étroitement avec la pâte qu'elle recouvre.

Sous la dynastie des Ming, ces poteries furent célèbres pour leurs belles reproductions de divinités bouddhistes, — Maitreya, le Bouddha futur, Avalokiteçvara, déesse de la Miséricorde, le saint bouddhiste Bôdhidharma, — des immortels taoïstes, etc.

Une belle statuette de cette époque, — porcelaine du Foukien, blanc ivoire, — appartenant à la collection Salting (fîg. 112), représente le héros des guerres civiles du III® siècle, Kouan-ti, qui, déifié depuis mille ans, garde encore sa place parmi les divinités d'Etat. Assis sur une chaise de bois sculptée de branches de pin et de prunier, dans une attitude pleine de dignité, les traits sévères, la barbe et la moustache flottantes, vêtu d'un manteau sur une cotte de mailles qu'entoure une ceinture ornée de jade, le dieu est recouvert de la glaçure épaisse et veloutée particulière à la province où cette image fut fabriquée. Deux autres figures délicatement modelées , appartenant à la même collection, représentent Bôdhidarma en compagnie de Tchong-li K'iuan, le premier des esprits taoïstes, qui manie l'éventail avec lequel il fait revivre l'âme des morts. Nous avons encore groupé (fig. 11 3) quelques spécimens

FIG. l\'i. — (iOUllDE DE PORCELAINE A THOIS HEMLEMENTS

Bandes brunes et cercles de céladon nni et craquelé: combinaisons de bleu et de blanc. (Golleclion Salting.)

Ilaul. :!7 ccnl. o 10, diam. Il cent. 1/10.

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