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Dynastie des Tt'ing [16ii à nos jours

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dont les formes anatomiques sont plus simples. D'ordinaire,' les proportions du corps humain comme celles des animaux sont exactes et indiquent les mouvements avec vigueur et vérité. Un art d'un réalisme exceptionnel se fait même quelquefois sentir dans les portraits, et l'on peut citer plusieurs œuvres comme exemples d'une grande vérité académique et d'une grande puissance.

2. — « La perspective est isométrique. — Quelques œuvres de l'école proprement chinoise et quelques tableaux bouddhistes permettent de constater une perspective rudimentaire : certaines lignes, parallèles dans la nature, convergent ici vers un point de fuite ; mais le point est mal placé, et à d'autres égards le rendu de la distance prouve un manque d'observation intelligente.

3. — « Le clair-obscur est tantôt absent, tantôt indiqué par des ombres d'un caractère spécial, qui servent à faire ressortir les parties voisines, mais ne démontrent aucune observation de la réalité. — Les ombres projetées sont toujours omises. On néglige toujours également les images reflétées, qu'il s'agisse de formes ou de couleurs, à moins que la répétition de l'image sur la surface d'un miroir ou d'un lac ne soit imposée par la légende qu'illustre l'artiste.

4. — « La couleur est le plus souvent harmonieuse, mais parfois arbitraire. — L'artiste use tantôt de teintes plates, tantôt de délicates gradations qui compensent jusqu'à un certain point l'absence de clairobscur.

5. — (( La composition est heureuse. — Le sentiment du pittoresque se manifeste de façon remarquable dans le paysage.

6. — (.( Le sens de l'humour est moins accusé que dans les tableaux japonais, mais les autres qualités d'esprit de l'artiste y sont nettement marquées, — La faculté d'imagination des artistes populaires japonais des siècles derniers paraît plus grande que celle de leurs frères chinois, en particulier dans les applications de la peinture à la gravure sur bois, à la décoration de la faïence et de la laque, de la broderie, etc. Mais les Japonais reconnaissent la dette qu'ils ont contractée envers la Chine. « Notre peinture^ dit un écrivain du xviii® siècle, est la fleur ^ celle des Chinois^ le fruit en sa maturité. » Pourtant, les Européens qui comparent les œuvres des écoles naturalistes et populaires du Japon à l'art contemporain de l'Empire du Milieu, peuvent ne pas être portés à partager cette opinion d'une trop grande modestie; c'est que la peinture chinoise se laissait aller à dégénérer, au moment où les Japonais se créaient une personnalité qui a complètement modifié la position relative des deux nations. »

Les artistes qui ont fleuri à ces diverses époques sont légion ; la simple énumération de leurs noms remplirait des

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pages nombreuses, surtout si on y joignait tous leurs « noms de plume », leurs signatures favorites et leurs cachets. La littérature chinoise sur ce sujet est des plus copieuses; on doit sans cesse la consulter ; elle a d'autant plus de valeur que beaucoup d'artistes étaient en même temps des littérateurs et ont eu à discuter les théories et les canons d'art de leur époque. Les livres originaux seraient difficiles à réunir, mais par bonheur toutes les dates utiles jusqu'à la fin de la dynastie des Ming (i643) ont été réunies à Tusage des étudiants et des amateurs dans la célèbre Encyclopédie impériale de peinture et de calligraphie dont le titre est : P'ei wen tchai chou lioua p'ou^.

Cette Encyclopédie fut compilée par une commission de onze savants et artistes nommés par décret de l'empereur K'ang-hi dans la quarante-quatrième année de son règne (lyoS). Elle fut publiée en 1708 en 100 fascicules, reliés en ' 64 volumes, avec préface écrite au pinceau vermillon par l'empereur lui-même. Cette préface donne une esquisse du développement des deux arts connexes et fait remonter la peinture jusqu'à son origine, — l'écriture pictographique des temps primitifs. Pourtant l'empereur reconnaît que la peinture ne fut point pratiquée en tant qu'art avant les Ts'in et les Han (221 av. J.-C.-264 de notre ère); elle atteignit son apogée sous les « six dynasties » (qui se succédèrent entre les Han et les Souei, de 265 ap. J.-C. à 58i, à Kien-ye, le moderne Nankin). La première moitié de cette période, dit l'empereur, fut illustrée par le génie de Ts'ao, Wei, Kou et Lou, et la seconde moitié par Tong, Tchan, Souen et Yang. Parmi les artistes de la dynastie Souei (581-617) Tauguste critique choisit Ho et Tcheng, et comme représen-

I . P'ei wen tchai est le nom de l'une des deux bibliothèques impériales de Pékin, célèbre par ses collections de manuscrits [chou] et de peintures [houa] .

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tants de la dynastie des T'ang (618-906), il nomme Yen et Wou, ajoutant que ces quatre derniers peignirent des sujets bouddhiques et des sujets historiques afin d'illustrer l'antiquité par un pinceau vivant. Gomme appendice à la préface, l'empereur permit aux éditeurs d'imprimer dans le livre 67 (voir page suivante) un choix des titres autographes et d'appréciations critiques apposés, à la mode chinoise, comme certificats d'authenticité sur quelques-uns des tableaux qui ornaient sa bibliothèque.

La table des matières est suivie d'une bibliographie d'une valeur particulière, donnant les titres de 1.844 volumes cités dans l'Encyclopédie avec noms d'auteurs. Les ouvrages importants sont toujours cités en entier dans le texte. Quant aux autres, on se contente d'extraits. Le sommaire suivant, qui a surtout trait à la peinture et aux peintres, donnera quelque idée de l'importance générale de cette Encyclopédie.

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