LXSCRIPTIOX SUR UX DES TA.MDOURS DE PIERRE
Temple de Confucius à Pékin.
13 cent. 1/3 sur 10 cent. I/o.
L'empereur Wou Ti dépêcha dans la suite des ambassades amicales en Sogdiane, et chez les Parthes au début du règne de Mithridate II; il envoya dans le Ferghana en 102- 100 avant Jésus-Christ, une armée qui conquit le royaume de Ta Yuan et ramena triomphalement trente chevaux Niséens, devenus classiques et qui se couvraient d'une sueur de sang.
Dans l'extrême sud, Kattigara (Cochinchine) fut annexée en iio avant Jésus-Christ. On lui donna le nom chinois de Je Nan, « Sud du Soleil » ; de ce port partit un navire chargé de rapporter du verre coloré du Kaboulistan, qui commençait à être hautement apprécié à la Cour de Chine.
L'introduction officielle du Bouddhisme se fît en l'an 67 de notre ère. L'empereur Ming Ti, ayant vu en rêve une forme dorée flottant dans un halo de lumière à travers le pavillon royal, son concile lui déclara que ce devait être une apparition du Bouddha ; il expédia dans l'Inde une mission spéciale qui ramena à Lo-yang, la capitale, deux moines hindous; ceux-ci apportaient avec eux des livres sanscrits^ dont quelques-uns furent traduits sur-le-champ, ainsi que des tableaux représentant des personnages et des scènes bouddhiques dontles copies, ornèrent bientôt les murs du palais et ceux du temple nouveau construit à cette occasion. On appela ce temple Po Ma Sseu, le « Temple du Cheval Blanc », en souvenir du cheval qui avait porté ces reliques sacrées à travers TAsie; quant aux deux çramana hindous, ils y vécurent jusqu'à leur mort. Dans la suite, l'idéal bouddhiste a dominé de son influence l'art chinois tout entier ; nous insisterons sur ce point quand le moment sera venu.
I. La première édition de cet ouvrage donnait : « bringing with thcm PalibooksB. M. Pelliot [Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, V. p. 216) s'était élevé contre cette mention. Les livres saints rapportés par les envoyés de Ming-ti devaient être, non en pâli, mais « en sanscrit, ou plutôt peut-être dans un des prâcrils dont le Bouddhisme « du Nord » s'est servi. » — N. d. t.
i8 L'ART CHINOIS
En 97 de notre ère, le célèbre général chinois Pan Tch'ao conduisit une armée jusqu'à Antiochia ^ ; il donna mission à son lieutenant Kan Ying de gagner, par le golfe Persique, Rome avec qui il désirait nouer des relations ; mais le lieutenant, esquivant la traversée qu'il redoutait, revint sans avoir rempli son mandat. En i66, des marchands romains parvinrent par mer à Kattigara (Gochinchine) ; on les mentionne dans les annales comme envoyés de l'empereur Antouen (Marc-Aurèle-Antonin) ; d'autres visites de commerçants romains furent signalées à Canton en 226, 284, etc. Cependant, la route de terre conduisant vers le nord, qui avait été coupée par la guerre avec les Parthes, se trouva rouverte et plusieurs missionnaires bouddhistes venus soit de la Parthie, soit de Samarcande, soit du Gandhâra dans l'Inde septentrionale, arrivèrent à Lo-yang.
La période des « Dynasties du Nord et du Sud », alors que du commencement de la 5^ à la fin de la 6^ dynastie la Chine se trouvait démembrée, marqua la pleine prospérité du Bouddhisme. Les Tartares Toba, qui dominaient au nord, en firent une religion d'État; leur histoire consacre à cet événement un livre spécial {Wei Chou^ch. cxiv) qui donne une intéressante description des monastères, des pagodes et des pierres sculptées de l'époque ; à ce livre s'ajoute un supplément sur le Taoïsme, sous le titre de ^oï^<27Z^-Z/ao, c'està-dire la religion de Houang-Ti etLao-Tseu. Dans le sud, l'empereur Wou Ti,de la dynastie des Leang, qui régna (5o2-549) à Kien-k'ang (Nanking), revêtit souvent la robe de moine mendiant et expliqua les livres sacrés de la loi dans les cloîtres bouddhistes. C'est sous son règne que Bodidharma,
I. L'auteur a sans doute en vue la ville d'Antiochia Margiana (aujourd'hui Merv), qui fut fondée jadis sur le fleuve Margus (aujourd'hui Mourghab}, en Bactriane. Il est a remarquer cependant que Pan Tch'ao lui-même ne paraît pas avoir jamais dépassé les Pamirs (cf. la traduction de la biographie de Pan Tch'ao dans le T'oiing pao de 1906, p.p. 216-245). — N. d, t.
fils d'un roi de l'Inde méridionale, vingt-huitième patriarche hindou et premier patriarche chinois, vint en Chine en 620 de notre ère et, après un court séjour à Canton, alla s'établir à Lo-yang. Il est souvent représenté portant le fameux pâtra, le « Saint-Graal » de la foi bouddhiste, ou traversant le Yang-tseu sur un roseau cueilli sur la rive du fleuve.
Sous la dynastie des Souei, l'empire retrouva son unité et sous la grande dynastie des T'ang (618-906), qui lui succéda, il atteignit ses limites les plus étendues. La dynastie des T'ang marque, avec celle des Han, un apogée de la « puissance mondiale » de la Chine. Plusieurs des pays de l'Asie centrale en appelèrent alors au Fils du Ciel pour les protéger contre les entreprises naissantes des Arabes ^
Un général chinois avec une armée d'auxiliaires tibétains et népalais, s'emparait de la capitale de l'Inde Centrale (Maghada) en 648, tandis que des flottes de jonques chinoises s'embarquaient pour le golfe Persique et que le dernier des Sassanides s'enfuyait en Chine pour y trouver un refuge. Les Arabes, bientôt après, vinrent par mer à Canton, s'établirent dans quelques villes de la côte, ainsi que dans le Yun-nan, et s'enrôlèrent dans les armées impériales du nord-ouest pour servir contre les rebelles. Des missionnaires nestoriens, manichéens et juifs arrivèrent par voie de terre pendant la même période ; mais le Croissant l'emporta ; son prestige ne s'est point effacé, le nombre des mahométans chinois étant aujourd'hui évalué à plus de 25 millions.
La propagande bouddhiste fut de bonne heure très active sous les T'ang, après que les quartiers généraux de la foi eurent passé de l'Inde en Chine'. Les moines hindous, expulsés de leur pays d'origine, apportèrent avec eux leurs
I. C'est vers la même époque que Charles Martel défit les Arabes à Poitiers. — TV. d, t.
images sacrées et leurs peintures ; ils introduisirent leurs canons d'art traditionnels qui se sont maintenus sans grand changement jusqu'à nos jours. Des ascètes chinois, d'autre part, parcoururent successivement diverses parties de Flnde pour visiter la terre sainte du Bouddha et pour brûler Fencens dans les temples les plus célèbres, étudiant le sanscrit, recueillant des reliques et des manuscrits à traduire ; c'est aux relations de leurs voyages que nous devons beaucoup de nos connaissances sur la géographie de l'Inde ancienne.
Stimulé par des influences si variées, l'art chinois fut bientôt florissant. On s'accorde généralement à considérer la dynastie des T'apg comme son âge d'or; elle marque également l'apogée des belles-lettres et de la poésie.
Mais vers son déclin, la d3^nastie des T'ang fut peu à peu dépouillée de ses vastes domaines ; elle s'éteignit en 906. Les K'i-tan empiétaient sur le nord ; un royaume Tangut et un royaume Chan s'établissaient l'un au nordouest, Fautre au Yun-nan, et FAnnam déclarait son indépendance.
Des cinq dynasties qui se succédèrent rapidement après celle des T'ang, trois étaient d'origine turque ; on peut les passer sous silence, car elles furent de peu d'importance au point de vue de Fart ^
En 960, la dynastie des Song réunit sous son autorité la plus grande partie de la Chine proprement dite, tout en restant privée de ses possessions extérieures. On Fa justement considérée comme un siècle d'Auguste prolongé ; elle était portée vers les lettres et vers la paix plutôt que vers les ambitions guerrières. La philosophie y fut très cultivée, on composa de vastes encyclopédies, et une multitude de com-
I. Ce furent les Leang, les T'ang, les Ts'in, les Han et les Tcheou postérieurs : de 907 à 960. — N. d. t.
INTRODUCTION HISTORIQUE ai
mentaires sur les classiques, si bien que Ton a pu résumer cette période d'un mol : celui de Néo-Confucianisme. L'empereur et les hauts fonctionnaires firent de nombreuses collections de livres, de tableaux, d'empreintes d'inscriptions, d'antiquités de bronze et de jade, etc., dont il reste encore d'importants catalogues, bien que les collections aient depuis longtemps disparu. C'est à cette époque que l'intelligence chinoise semble avoir acquis son type le plus pur, et que l'art chinois, lentement développé, réalisa les formes qu'il conserve encore en grande partie.
La dynastie des Yuan (i 280-1 867) fut établie par Koubilaï Khan, petit-fils du grand guerrier mongol Genghis Khan. Les Mongols annexèrent les Turcs Ouigour, détruisirent le royaume Tangut, passèrent comme un tourbillon à travers le Turkestan, la Perse et les steppes voisines, ravagèrent la Russie et la Hongrie et menacèrent même l'existence de l'Europe occidentale. La Chine fut complètement submergée sous un flot de cavaliers nomades, ses finances furent ruinées par des émissions de papier-monnaie sans valeur et ses cités livrées à des gouverneurs étrangers nommés darughas. Un écrivain chinois contemporain décrit la ruine de l'industrie de la porcelaine à King-to Tchen et en attribue la cause à des impots tellement écrasants que les potiers durent quitter la vieille manufacture impériale installée dans cette ville pour aller mettre en train de nouveaux fours dans d'autres parties de la province du Kiang-si.
Marco Polo s'étonna des richesses et de la magnificence du grand Khan, dont la puissance était vraiment unique et qui s'efforçait de tirer un parti iatelligent de ses conquêtes en Chine. Mais la culture qui surprenait le voyageur vénitien était antérieure à la conquête mongole ; ses racines étaient exclusivement chinoises. Le merveilleux palais de
bambou lui-même, que vit Marco Polo et que célébra Gole-
ridge :
En Xanadu Kubla Khan
Fit élever un dôme majesteux.,.
était en réalité l'ancienne résidence d'été des empereurs des Song à K'ai-fong Fou, dans la province du Ho-nan ; ce palais fut démembré et transporté morceau par morceau pour être reconstruit dans le parc de la nouvelle capitale mongole de Chang-tou, en dehors de la Grande Muraille.
C'est à rinvasion mongole qu'il faut attribuer quelquesunes des surprenantes ressemblances que ]'on a signalées entre l'art industriel de TAsie occidentale et celui de l'Asie orientale. Pour la première fois, ces pays se trouvaient réunis sous la même domination. On dit que Houlagou Khan amena en Perse une centaine de familles d'artisans et d'ingénieurs chinois, en 1266 environ; et d'autre part, la première porcelaine chinoise peinte est décorée de caractères arabes entourés de fleurs stylisées qui témoignent d'une forte influence persane.
Cependant, les Mongols, chassés de Chine, se retirèrent au nord du désert de Gobi en i368; la même année, la dynastie des Ming fut fondée par un jeune bonze nommé Tchou Yuan-tchang. Les Mongols firent pendant quelque temps de fréquentes incursions sur les territoires voisins des frontières. Ils enlevèrent même, en 1449? un empereur de Chine qui, toutefois, fut libéré huit ans plus tard et reprit son règne sous le nouveau nom de T'ien Chouen (voyez la généalogie impériale ci-contre) : fait à remarquer, car c'est là le seul changement de nien-hao qu'on puisse noter au cours des deux dernières dynasties, tandis que sous les dynasties précédentes, des changements de ce genre étaient fréquents.
Les premiers Ming entretinrent des rapports avec l'ouest par voie de mer. Les règnes de Yong-lo et de Siuan-to
Empereurs de la dynastie des Ming et des Ts'ing.
TITRE DYNASTIQUE
Miao hao