L'art chrétien et l'École Allemande
En 18^3, un petit journal publiait, avec notre signature, une suite d’articles sur le Salon. Plus tard, en 1850 , sous le titre de Causeries d'un Amateur, paraissaient dans la meme feuille d’autres études critiques sur la peinture, réunies ensuite en brochure. Nous rappelons ces précédents pour montrer que l’art fut de tout temps l’une de nos préoccupations. Le présent travail , d’un ordre plus élevé, d’un intérêt plus général, et dans lequel se résument nos études, ce travail, fruit de l’expérience et de la méditation , peut donc mériter (pielque confiance. Nous le croyons utile pour aider à détruire certaines préventions résultant de la vanité nationale ou de l’ignorance. Notre critique, d’ailleurs, si hardie qu’elle soit, saura rester courtoise dans sa franchise fmpartialc et nous ne dissimulerons pas la vérité même à ceux qui nous sont le plus sympathiques.
Pour ajouter à l’attrait de ce petit ouvrage, nous l’avons orné du portrait d’Overbeck , le plus populaire en France des artistes allemands : une Notice accompagne le portrait. C’est à propos de M. Overbeck et de ses œuvres qu’un père de famille, homme
de sens cl d’esprit, nous disait : « Je ne suis point artiste, et je ne songe point à faire des peintres de mes enfants. Néanmoins , je me plais à orner leur chambre de ces admirables gravures qui , mieux encore que les livres, gravent dans leurs cœurs, en traits ineffaçables, les saintes vérités de l’Évangile. En même temps leur goût se forme, délicat et épuré, par l’habitude de ne voir que d’excellentes choses ! » A la suite de la Notice et de l’étude sur \ylrt chrétien et V Ecole allemande, on a placé, pour les amateurs, le Catalogue détaillé des œuvres des principaux maîtres, rédigé par M. Schwan; ce Catalogue se complète par celui de la maison Schulgen et Schwan , dépositaire à Paris de toutes les belles gravures de la Société de Dusseldorf. Les œuvres capitales des grands peintres allemands sont des tableaux d’église ou des fresques qu’il n’était pas facile de faire voyager à moins d’emballer les pans de murailles ; on s’explique donc qu’une exposition, forcément restreinte par ce motif et par d’autres , n’ait pu donner qu’une idée imparfaite de l’École allemande. Aussi , mieux que les quelques toiles du Salon, la Collection de tableaux, dessins et surtout gravures de MM. Schulgen et Schwan permet d’apprécier le grand mouvement artistique dont l’Allemagne aujourd’hui s’applaudit.