‹ L'art chrétienChapitre 100 sur 442 · Millet. Iconographie de l Evangile, p · texte numérisé non relu

Millet. Iconographie de l Evangile, p

2. Grisar. Histoire de Rome, I, 233. Cf. le sarcophage de Junius Rassus, préfet de Rome en 359

Ifoj LA RÉSURRECTION

Pilate assis sur un trôneà haul dossier porte le costume il un magistral romain ilu \ siècle : derrière lui sont les personnages de sa suite, tandis qu'autour de Jésus se presse la foule des Juifs fig. 11 . Sur certains sarcophages Pilate est assiste d'un assesseur, conformément aux habitudes judiciaires des Romains'. Un tableau sculpté sur la colonne du ciborium de Venise présente un détail curieux emprunté à l'éVangile apocryphe de Nicodème : au moment où Jésus sort du prétoire pour être flagellé, Un appariteur, saisi de respect, étend son manteau sous les pas du Seigneur4. L'inspiration est la même que celle d un sarcophage du Latran où. au lieu de la couronne d'épines, c'est une couronne de laurier qu'un soldat tient audessus de la tête du Christ ;.

Sur le même sarcophage la couronne de laurier surmonte aussi la croix que porte Simon le Cyrénéen sur le chemin du Calvaire, et sur la croix centrale de la Crucifixion elle encadre le monogramme, qui tient la place du Christ. De même. conformément au texte des évangiles synoptiques, e est Simon qui porte la croix sur la plupart des sarcophages et la mosaïque de Ravenne, où Jésus s avance à côté de Simon, les bras à peine tenus par un soldat efsuivi d'une foule de Juifs'. Sur un ivoire du British Muséum, au contraire, apparaît la version de saint Jean qui sera préférée dans la suite : c'est Jésus lui-même qui porte sa croix".

La Crucifixion, nous l'avons vu. n'est guère représentée, sauf en Syrie, à l'intérieur des basiliques6 et elle apparaît seulement sur les objets de mobilier ou les miniatures. A Ravenne le tableau qui succède au « Chemin du Calvaire » est la Résurrection.

Ce thème, inconnu à l'art des catacombes et représenté sur les sarcophages dune manière symbolique , s est iixé au Ve siècle, mais plusieurs variantes montrent des hésitations à l'origine. Il semble qu'on ait voulu d'abord figurer le Christ sorti du tombeau et accueilli au ciel. Sur le bel ivoire de Munich les gardes endormis sont appuyés au monument funéraire carré surmonté d'une lanterne à jour qui représente le Saint Sépulcre; des colombes symboliques sont perchées sur un olivier ; un ange assis au pied du monument annonce la nouvelle aux trois saintes femmes qui s'avancent en manifestant leur étonnement ; en haut le Christ est montré sur les nuées escaladant le ciel, saisi par la main divine qui sort d un arc-en-ciel tandis que deux de ses disciples épouvantés se prosternent. En réalité, on a lié ici les deux thèmes de la Visite des Saintes Femmes au tombeau et de

1 Met Arch. phrét., 1,2982, fig 1021.

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