UU LE CHRIST APRÈS SA RÉSURRECTION
Egarer sur les monuments. Elle apparaît ainsi sur I ivoire Trivulzio avec son toit conique de tuiles et son mur percé de fenêtres, tandis qu'au registre inférieur l'ange qui reçoit 1rs saintes femmes est assis devant les portes de bronze historiées de la basilique eonstantinienne ' 6g. 12 . Avec quelques variantes nombre des saintes femmes, deux d'après Mathieu, XXVIII, 1 : trois d'après Maie. XVI, 1 ; présence et costume des gardes endormis . le thème a été H\é dans ses grandes lignes pour plusieurs siècles.
La descente de Jésus aux limbes, qui tient une place si importante dans l'art byzantin et dont le récit détaillé se trouve dans l'Evangile de Nicodème, est figurée pour la première lois sur une des colonnes du ciborium de Venise. La scène est encore très simple : le Christ tend la main à un patriarche à longue barbe, tandis qu'à ses pieds deux tètes de justes émergent de l'abîme 2.
Les apparitions du Christ après sa résurrection tiennent encore très peu de place dans l'art chrétien. Le cycle de Saint-Apollinaire de Ravenne montre le Christ cheminant entre les deux pèlerins d Emmaiïs et 1 épisode de l'Incrédulité de saint Thomas. Jésus environné des apôtres soulève ses draperies, impassible, et Thomas avance la main, tandis que d'autres apôtres adorent et se prosternent'. Sur une ampoule de Mon/a. Jésus, dont la taille est démesurée, saisit l'apôtre incrédule par le poignet'. La même scène se trouve sur un fragment de sarcophage du musée de Ravenne et Ion peut supposer que cette composition reproduit d'une manière plus ou moins libre une mosaïque d'une église palestinienne.
C'est enfin à cette époque que se fixe l'iconographie de l'Ascension, et les deux tendances qui dominent 1 art chrétien sont ici bien nettes. Sur 1 ivoire de Munich le Christ, escaladant les nuées, est saisi par la main divine" et de même sur un panneau de la porte de Sainte-Sabine, le Christ est tiré en quelque sorte par des anges à la vue des apôtres qui donnent des signes d'admiration. Telle est la donnée hellénique, pleine de mouvement et de fantaisie. A Jérusalem, au contraire, apparaît une formule plus hiératique que les ampoules de Monza nous ont conservée (fig. 30 ): sur la terre, la Vierge est au milieu des apôtres dans l'attitude de lorante ; au ciel, le Christ est assis dans une auréole que soulèvent quatre anges en plein vol . La même auréole tenue par deux anges se trouve sur la colonne du ciborium de Venise\ Enfin sur une ampoule de Monza la colombe du Saint-Esprit plane au-
1. P. P. Hugues Vincent et Abel. Jérusalem nouvelle, p. 1S4, Sg. 112.