CHAPITRE V
L'ICONOGRAPHIE RELIGIEUSE DE L'ART BYZANTIN DU Y SIÈCLE A LA FIN DE LA QUERELLE DES IMAGES
I Formation do 1 art byzantin vi vin siècles . — II. La crise iconoclaste et ses conséquences dans le domaine artistique. — III. L'art byzantin en Italie (vii0-ix° siècles).
On a pris l'habitude de désigner sous le nom d'art byzantin le développement artistique de la chrétienté orientale depuis la fin de l'antiquité. Il n'y a aucun inconvénient à garder cette expression consacrée, étant bien entendu quelle ne préjuge rien des centres de formation de cet art. Il est vrai que pendant plusieurs siècles Gonstantinople a concentré les forces politiques et intellectuelles de l'Orient, mais cette ville a reçu autant et quelquefois plus qu'elle n'a donné. On constate en réalité, dans l'art byzantin. 1 existence d'un véritable dualisme : d'un côté la tradition hellénistique idéaliste, pompeuse et abstraite, a Gonstantinople pour principal •centre de développement ; d'autre part, une école monastique et populaire, plus portée au goût du réalisme et du pittoresque, s'est formée en Syrie et en Egypte. Ces deux tendances réagissent parfois Tune sur l'autre; elles n'en sont pas moins distinctes jusqu au xiv" siècle.
Protégé par la puissance de ses armes contre l'invasion des barbares. 1 Empire byzantin offrit au vi siècle un champ magnifique au développement de l'art chrétien. Les souverains, propagateurs de la foi chez les infidèles, gardiens de 1 orthodoxie contre les entreprises des hérétiques, consacrèrent une bonne partie de leurs immenses ressources à bâtir et à orner des églises et des monastères, dont les dimensions colossales et la splendeur ornementale devaient dépasser dans leur pensée tout ce qu'on avait vu jusqu'alors :. on dit qu'après l'achèvement de Sainte- Sophie. Justinien s'écria qu'il avait vaincu Salomon. D'autre part, en se dévelop-