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LA RECHERCHE DES SOURCES

de bonne heure un caractère symbolique, conformément à la doctrine théologique

qui voit en eux des figures du Nouveau Testament. Ce sont ensuite les Évangiles, dont l'illustration a toujours été subordonnée à des convenances liturgiques. A côté des Evangiles canoniques, regardés comme authentiques par les conciles, il s'est développé toute une littérature légendaire où l'art chrétien a largement puisé des inspirations1. Un nombre assez notable de détails traditionnels, le bœuf et l'âne de la crèche par exemple, sont dus à ces Evangiles apocryphes. Les uns, comme le Protévangile de Jacques. l'évangile du pseudo-Mathieu, l'histoire de Joseph le Charpentier, etc.. ont trait aux années de l'enfance de Jésus sur lesquelles les Evangiles canoniques ne fournissent aucun détail : d'autres, comme l'Évangile de Nicodème, font le récit de la descente du Sauveur aux limbes. Enfin, parmi les sources communes à tous les artistes chrétiens il faut mettre au premier rang les Actes des martyrs et les Vies des saints; on y joindra certains ouvrages pseudoscientifiques, tels que le Phijsiolufius. traité d'histoire naturelle à moitié fantastique d'origine alexandrine, ancêtre des nombreux Bestiaires du moyen âge : il a dû sa vogue à la facilité avec laquelle on a donné à ses récits un caractère symbolique-.

A côté de ces sources générales il faut tenir le plus grand compte des sources spéciales à chaque époque, quelles soient théologiques, historiques ou littéraires. L'iconographie chrétienne, et c est ce qui donne à son histoire un intérêt si puissant, reflète avec ses nuances les plus délicates la pensée religieuse des siècles. Elle s'est transformée en raison des progrès techniques, elle a subi la répercussion des controverses religieuses ou philosophiques, elle a sacrifié même aux modes littéraires ou artistiques, elle est l'image fidèle des générations dont elle a exprimé l'idéal, tantôt pénétrée de raisonnement et de symbolisme, tantôt faisant appel au seul sentiment et cherchant à toucher plus qu'à convaincre. Ce serait donc en méconnaître le sens que de l'isoler du milieu politique, social, intellectuel et moral dont elle est souvent l'expression la plus complète. Telle mosaïque byzantine par exemple serait inintelligible si l'on oubliait les pompes et l'étiquette du Palais Sacré, et Ion apprécierait mal la nouveauté d'accent qui règne dans les œuvres du Trecento si Ion négligeait le courant de piété franciscaine qui les a inspirées.

1 Voir la bibliographie relative aux Apocryphes flans le Dictionnaire de Théologie catholique de Vacant et Mangenot. I. p. 1498 — V, p 1624.

2. Bibliographie dans Strzygowski, Der Bilderkreis des Gricchisehen Phijsiologus. Leipzig, 1899.

1 La question de 1 art religieux dans le christianisme. — 2. L'art funéraire des païens et des Juifs 3. Le premier art des chrétiens : décor mythologique. — 4. Les premiers symboles chrétiens.

L'art chrétien est né en dehors de l'Eglise et. à l'origine tout au moins, s'est développé presque contre son gré. Le christianisme, issu du judaïsme, était naturellement, comme la religion dont il sortait, hostile à toute idolâtrie. L aversion pour les idoles, et par suite pour tout l'art païen, suffisait à faire reconnaître un chrétien ou un juif. La question d'un art religieux ne pouvait même pas se poser dans la société, à l'organisation très simple, qu était l'Eglise primitive. La liturgie était céléhrée dans des maisons particulières' et. s'il est vrai que des édifices spécialement destinés au culte furent élevés avant Constantin, ce n'est guère qu'au m" siècle qu'on peut en constater l'existence.

Lorsque la diffusion du christianisme et l'augmentation du nombre des fidèles amenèrent les Pères de l'Eglise à tracer les règles morales qu'un chrétien devait observer en face de la société païenne, ils se montrèrent nettement hostiles à 1 art et aux représentations figurées en général. Saint Clément d'Alexandrie (mort en 216 1, rappelle dans son Discours aux Gentils les prohibitions formelles de l'Ancien Testament2. Un chapitre de ce discours décrit les aberrations auxquelles le culte des idoles entraine les païens: il dénote une connaissance très sérieuse de l'histoire de l'art grec et on y trouve une liste des principales statues qui existaient

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