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LA COUR CÉLESTE

trices évêques, dignitaires, revêtus de leurs ornements de cérémonie, paradaient au fond des absides, introduits aux pieds du trône céleste par des anges qui portaient la verge d'or des < ostiarii » huissiers ï du Palais Sacré. Sur une nappe d'autel de Sainte-Sophie on voyait, à la suite des miracles du Christ, les bonnes œuvres de Justinien et Théodora, visitant les hôpitaux et taisant l'aumône1. Au contraire le Christ, les apôtres, les prophètes, les anges même, gardent le costume hellénique et les pieds nus de la tradition primitive : ce contraste voulu ne sert qu'à faire mieux ressortir leur caractère surnaturel.

Des figures nouvelles apparaissent : d autres déjà créées prennent un aspect précis et définitif. C'est à cette époque qu'appartient la conception du Pantocrator, de l'empereur céleste, dont le buste redoutable et colossal occupe le sommet des coupoles et domine, au milieu d'un arc-en-ciel, sous les traits d'un Christ dans sa maturité, à la figure sévère, toute l'ordonnance iconographique. La coupole centrale des Saints-Apôtres offrait son image". Ce type apparaît en réalité au ve siècle sur l'arc triomphal des basiliques (Saint-Paul-Hors-les-Murs à Romei et au \i siècle Saint-Apollinaire in Classe à Kavenne) ou dans les absides (Saint-Jean-de- Latran. lr moitié du v" siècle ). La même effigie orne une abside d une chapelle de Baoùit' et d'une église rupestre d'Héraclée au Latmos5. A Sainte-Sophie de Salonique une grande croix sur fond d or était représentée dans l'abside et au sommet de la coupole, trônant dans un arc-en-ciel soutenu par deux anges, se détache un Christ au visage amaigri, à la barbe courte, à la stature ramassée qu'on retrouve dans les œuvres syriennes, évangéliaire de Rabula ou de Sinope et qui date, d'après une inscription du temps, d'un archevêque Paul qui a vécu au vif siècle 6.

Les anges, huissiers et chambellans de la cour céleste, soutiennent dans un vol aérien les médaillons timbrés de la croix ou ornés du buste divin ; parfois ils portent comme les dignitaires de la cour les insignes de l'Empire, le sceptre, le labarum et le globe, comme la belle figure d'inspiration tout antique de l'ange qui orne un diptyque d ivoire du Musée Britannique . Les prophètes, drapés dans leur himation hellénique, déroulent le « volumen » sur lequel se lit une de leurs prédictions8. Les évangélistes. figurés par leurs symboles dans les scènes apocalyptiques, sont aussi représentés assis à leur écritoire. écrivant sous la dictée de l'Es-

1. Paul le Sflentiaire. Descrip de Sainte-Sophie, v. 795 et suiv.

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