LA DOCTRINE DES IMAGES
reproduit le passage de saint Paul ' qui leur servait à repousser les images. Un sceau qui porte les noms de deux empereurs Léon et Constantin, est orné au revers d'une croix élevée sur quatre degrés" et 1 on trouve sur le sceau d'un dignitaire dcsvm'-ix siècles la formule rare : « esclave de la croix »\ Certaines églises rupestres des ermitages de Cappadoce sont ornées d'une grande croix gemmée qui occupe le sommet de la voûte et se détache au milieu d'enroulements de feuillages entre lesquels se jouent des animaux. Une inscription relevée dans la chapelle de Sinnasos et reproduite dans celle de Skupi exalte l'image de la croix : « La sauvegarde de la maison de gloire est l'image du hois vénérahle. » '. Ces peintures qui datent du ix siècle reproduisent le décor qu'aimaient les iconoclastes : une croix pour le sanctuaire et des scènes de genre dans les nefs, c'était à peu de chose près le retour au programme décoratif du iv' siècle.
Les partisans des images, de leur côté, ohligés de justifier l'existence de l'art religieux et de la vénération des images, s'efforcèrent de constituer une doctrine théologique et de la rattacher aux dogmes essentiels du christianisme. Les discours de saint Jean Damascène mort avant 754), les canons du concile de Nicée, les ouvrages du patriarche Nicéphore 806-829 et de Théodore de Stoudion 759- N2li . la lettre des trois patriarches d'Orient à l'empereur Théophile5 cherchent à établir un rapport immédiat entre la légitimité des images du Christ et la croyance au dogme de l'Incarnation. Refuser d'admettre qu'on puisse représenter Jésus, c'est nier qu'il se soit fait homme et ait habité sur la terre. Pour éviter le reproche de paganisme ils distinguent, suivant la doctrine aristotélicienne, la matière et la forme des images : c'est à la forme seule qu'on accorde « le prosternement d'honneur •> -y.-y.'j/r-:; Tip.T'.xrj, tandis que le « prosternement d'adoration » (Xorepeta) n'appartient qu'à Dieu. Les images sont non seulement un enseignement, en nous faisant connaître les personnages et les épisodes de 1 histoire sacrée, mais elles ont aussi une valeur miraculeuse; elles sont le symbole de la victoire des saints sur les démons et la meilleure protection contre leurs embûches ; il y a en elles quelque chose de la force intime hèoyeii.) de leurs prototypes. Elles sont les clefs qui ouvrent les portes du monde intelligible; « par l'intermédiaire de ces signes sensihles. nous sommes ravis en esprit jusqu'à leurs causes6 ». « L'image que tu vois là. dit Théodore de Stoudion. est celle du Christ; elle est le Christ lui-même, du