I. ART BYZANTIN A ROME
dater du vi siècle : sous le règne de Constantin VI et d'Irène, comme eu témoigne l'inscription actuelle, l'évêque Théophile, un des signataires du concile de Xieee 7S7 . substitua à cette croix la magnifique Madone assise, portant l'Enfant Jésus, dégagée en 1907 par l'architecte français Letourneau5. Son aspect est un peu lourd, son costume sombre forme contraste avec la robe d'or de l'Enfant qui bénit le monde d'un geste large et gracieux. Elle est un témoignage précieux de la décoration nouvelle adoptée par les partisans des images.
Du lendemain de la victoire définitive des images date la Madone de l'abside de l'église de Chili [le de Chypre . Debout sur une estrade gemmée elle porte 1 Enfant qu'adorent les deux anges aux ailes garnies de plumes de paon placés à ses cotés lig. ,)4 . La robe mauve semée de points rouges de la Vierge s'oppose, comme à Sainte-Sophie de Salonique, aux draperies d'or de l'Enfant*. A la même époque l'empereur Basile (867-886) lit placer la Madone portant l'Enfant entre saint Pierre et saint Paul au sommet du grand arc occidental de Sainte-Sophie de Constantinople. Tous ces faits montrent les progrès du culte de la Vierge qui, nous 1 avons vu, n avait pas occupé encore souvent cette place d honneur.
Malheureusement, les monuments iconographiques d'une époque si décisive pour les destinées de l'art religieux sont rares en Orient : l'Italie du moins, et surtout Rome nous fournissent à cet égard des témoignages d'une grande importance. On sait quelle place considérable les Grecs, les Syriens, les Egyptiens tenaient à Rome depuis la fin du vic siècle'. Colonies de marchands, colonies monastiques surtout, pèlerins venus d'Orient et quelques-uns même du fond de la Perse, contribuaient à faire de Rome une ville à moitié hyzantine. La langue grecque y était parlée couramment et de 606 à 752 on compte 9 papes d'origine grecque. 5 de naissance syrienne. L'église Sainte-Marie-in-Cosmedin, « ecclesia grœcorum », érigée à la fin du vi° siècle dans l'ancien « Forum boarium », était le centre d'un quartier grec important. Des fêtes grecques ou syriennes, comme celles de la Dormition de la Vierge, de l'Exaltation de la Croix, s'introduisaient dans la liturgie romaine, des reliques d'ascètes et de saints orientaux étaient apportées à
1. De même que la croix qui décore 1 abside de Sainte Irène à Constantinople. La même inscription tirée du psaume 64 accompagne la croix de Salonique et celle de Constantinople. Ebersolt, Eglises de Constantinople, 1913, p. 68-70.
2. Diehl. Les Monuments chrétiens de Salonique, Paris. 1918, p. 138 1 4 tc-t pi. XLIV.
3. Schmitt. Panagia Aggeloktistos. Bullet. Inslil. Archéol. russe de Constantinople, XVI, 1911. 206- 239.)
4 Diehl. Administration byzantine dans l Exarrhat de Ravenne, 1888, p. 284 et suiv.
L'ART BYZANTIN A KoMi:
Rome et y devenaient l'objet de cultes nouveaux. Il n'est donc pas étonnant que l'art religieux qui régnait en Orient y ail fait aussi sentir son influencer.
De fait, c'est à Rome dans les trésors pontificaux, en particulier dans celui du « Sahcta Sanctorum » du La Iran que se trouvent les plus belles pièces qui représentent
Hg. 55. — Croix reliquaire ornée d'émaux attribuée à l'époque du pape Symmaque ^498-514. Home. Trésor
de Latraiv. Enfance du Christ.
les arts somptuaires de Byzance à cette époque, comme l'admirable croix d'émaux cloisonnés sur laquelle est reproduit un cycle de l'Enfance du Christ ' fig. 55 . comme la somptueuse étoffe de l'Annonciation2 qui montre Marie filant la pourpre en face de l'Ange.