LEURS TENDANCES NOUVELLES
saints romains ou îles papes canonisés, à sa gauche dos saints honorés dans l'église grecque Bg. .">(> .
Ce qui l'ait surtout l'intérêt de ce programme, ce sont les tendances qui s'y manifestent, et d'abord l'importance qu'a prise le culte des saints dont les portraits innombrables remplissent toutes les parties de l'église : dans la chapelle, à gauche de l'abside, le récit de la passion de saint Cyr et de sainte Julitte se développe en plusieurs tableaux. Tous les saints portent le costume de leur condition terrestre. évêques, hauts dignitaires du palais comme saint Démétrius vêtu du même costume que sur les mosaïques de Salonique. moines et ascètes comme cet « Abba Kyros o dont les reliques venaient d'être transportées d'Alexandrie à Home. Il faut noter aussi de nombreux portraits de donateurs reconnaissables à leur nimbe carre. Dans la chapelle Saint-Cyr et Sainte-.Iulitte le primicier Théodote à genoux offre le modèle de 1 église : plus loin il s est l'ait représenter aux pieds de la Vierge avec sa femme et ses entants.
Enfin, des thèmes proprement byzantins ou même absolument nouveaux apparaissent : la descente du Christ aux limbes, les pieds sur la tête de Satan, sujet encore peu répandu : le groupe de la Vierge avec l'Enfant Jésus, accompagnée de sainte Anne portant Marie enfant et de sainte Elisabeth tenant le petit saint Jean. A vrai dire, on ne connaît pas d'autre exemple de ce thème avant l'art gothique, mais il devait être répandu en Orient2 et à Constantinople d'où le culte de sainte Anne est originaire.
C'est aussi le thème de la Crucifixion, représenté déjà, nous le savons, dans les églises, mais dont, avant la découverte de Sainte-Marie Antique, on ne connaissait aucun exemple encore en place. Le sujet est figuré deux fois, sur ic mur du fond de la chapelle de gauche et au-dessus de l'abside principale. Le même type d'origine syrienne a été adopté dans ces deux œuvres et il en est de même de la Crucifixion du cimetière de Saint- Valentin qui date du milieu du vu' siècle. Rien ne montre mieux 1 importance prise à Rome par l'iconographie syrienne. Le Christ, comme sur l'évangéliaire de Rabula, est vêtu du long » colobium » de pourpre qui tombe jusqu'à ses pieds, la Vierge et saint Jean expriment leur douleur, le centurion Longin perce avec sa lance le flanc du Sauveur et un soldat lui présente l'éponge imbibée de fiel (fig.57). Le tableau qui surmonte l'abside est développé dune manière plus dramatique : des deux côtés du crucifix, toute la hiérarchie céleste se courbe dans le même élan d'adoration, et dès inscriptions grecques peintes en blanc sur fond rouge reproduisent des textes de l'Ecriture relatifs à la Passion. Des analogies lointaines