‹ L'art chrétienChapitre 151 sur 442 · FRESQUES ITALIENNES ET RUSSES · texte numérisé non relu

FRESQUES ITALIENNES ET RUSSES

I) autres thèmes inconnus à I art des grandes églises apparaissent ici pour la première fois : telle est la vision du prophète Daniel, de l'Ancien des Jours. figure de l'Etemel sous les traits d un vieillard entouré des apôtres à Djanavar- Kilisse '. Les portraits des saints sont particulièrement nombreux et, comme à Saint-Démétrius de Salonique, comme à Sainte-Marie Antique, ils sont quelquefois accompagnés de portraits des donateurs dont ils sont les patrons, et des épisodes de leur vie, formant de véritables cycles, ornent les églises, comme la vie de saint Siméon Stylite peinte à Zilve '".

Tous ces détails sont étrangers à l'inspiration purement dogmatique qui règne dans l'art officiel et qui trouve dans la noblesse de la tradition hellénique son véritable mode d'expression. Mais si c'est au milieu des solitudes de Cappadoce qu'on a découvert 1 ensemble le plus important de monuments que représentent ces tendances, elles ne s'en manifestent pas moins du xe au xur siècle dans d'autres régions et l'ensemble de faits qu'on peut recueillir permet d'affirmer le dualisme fondamental de l'art religieux du monde byzantin.

Dans l'Italie méridionale reconquise par les empereurs de la dynastie macédonienne, les colonies de moines basiliens de la Terre d'Otrante et de la Calabre ont orné leurs « laures » et leurs ermitages rupestres de fresques analogues, par la technique et souvent par les sujets, à celles de Cappadoce. Cette tradition s'est conservée sous la dynastie normande : c'est ainsi qu'à la crypte de Saint-Biaise près de Brindisi le médaillon de « l'Ancien des Jours » accosté des symboles des Evangélistes peut être comparé à celui de Djanavar Kilisse :. En revanche, on n'y voit pas de cycles narratifs comparables à ceux de Cappadoce et ce qui domine de beaucoup dans cette ornementation ce sont les Christs en majesté, les Madones et surtout les saints accompagnés de donateurs.

Dans la Russie des grands princes de Kiev l'art religieux est venu de Constantinople. Les mosaïques de 1 église Sainte-Sophie fondée par Iaroslav en 1037 présentent la même ordonnance et les mêmes ensembles iconographiques que les grandes églises de cette époque. En revanche, dans le narthex. dans la tribune et dans plusieurs chapelles une importante série de fresques découvertes sous le badigeon en 1843, se rattachent à l'art monastique et populaire. A côté de sujets profanes, scènes de l'Hippodrome, jeu gothique, etc., apparaissent des figures et des légendes de saints où le costume contemporain remplace les draperies antiques. Une des absides renferme un cycle de l'Enfance de la Vierge inspiré des apocryphes et dans la tribune se développe une Crucifixion traitée dans le style pittoresque avec le Christ entre les deux larrons et des groupes de saintes femmes dont les

Page 1