FRESQUES RUSSES
draperies forment contraste avec les costumes ornés de galons de broderies dos soldats romains1. D'autres ensembles de fresques lurent exécutés à cette époque par des peintres grecs, à Sainte-Sophie de Novgorod fondée en 104")), au Saint- Sauveur de Pskof 1156 . au monastère de Nereditsi près de Novgorod 1199 : leur ordonnance et les thèmes qui s'y développent sont en général conformes aux principes de Piconographie liturgique et dogmatique, mais il s'y glisse parfois des thèmes empruntés à l'art populaire, comme les épisodes de la jeunesse de la Vierge ou, à Nereditsi, la ligure de l'Ancien des Jours-.
Enfin nous avons la preuve que cet art avait pénétré dans les parties les plus
Coll Hautes Etudes.
Fig. 75. — Crucifixion. Évangéliaire d'Iviron, n •">. Mont Atlios. xn" siècle, f" 209 v°.
An premier plan, les soldais jouent aux dés la robe sans couture. Au-dessus de la croix, au lieu du Soleil
et de la Lune apparaissent des anges affligés.
centrales de l'Empire el à Constantinople même. Un des plus beaux manuscrits peints au Mont Alhos au xie siècle, l' évangéliaire dlviron, présente un tableau de la Crueifixion qui rappelle les œuvres cappadociennes (fig. 75). Le Christ est entre les deux larrons, la Vierge entourée de saintes femmes manifeste sa douleur; le Soleil et la Lune sont remplacés par deux figures également éplorées et, comme dans l'Évangile de Rabula. trois soldats au pied de la eroix jouent aux dés la robe sans couture. Une Déposition de eroix aussi dramatique avait été peinte a la même époque à l'église des Saints-Apôtres de Venise, où elle a été retrouvée sous le badigeon en 11)04 . Dans les faubourgs de Constantinople. à Odalar-Djami, près