TRANSFORMATION DE L'ART BYZANTIN
depuis le \i\ siècle dans 1rs églises. Enfin le culte des images devient de plus en plus l'aliment essentiel de la piété grecque. Pour Théodore, évêque d Andida I *; i n iphylie xuf siècle . la liturgie, symbole du sacrifice de Jésus, est l'ondée sur les paroles du Christ, sur le témoignage des Evangiles et sur les images qui exposent à notre vue tous les mystères de I Incarnation. Les pèlerins russes à Constantinople décrivenl la procession, qui avait lieu chaque semaine, de 1 image de la Vierge peinte par saint Lue : un homme la portail sur ses épaules, les bras en croix, les yeux bandés, tandis que di-u\ diacres agitaient devant la sainte icône les éventails sacramentels réservés aux saintes espèces '.
A une piété aussi ardente les conceptions théologiques un peu froides de l'âge précédent ne pouvaient suffire; il lui fallait îles représentations plus vivantes et capables de mettre les âmes en contact intime avec la réalité de l'histoire de Jésus. L'art monastique répondait à ces exigences et ce fut 1 origine de son succès. D'autre part, les désastres politiques et économiques de l'Empire ne lurent peutêtre pas étrangers à 1 adoption dune nouvelle technique, moins coûteuse que l'ancienne. Saut' quelques exceptions, on renonça aux lambris de marbres précieux et aux mosaïques d'émail pour couvrir les églises de fresques depuis le pavé jusqu'au sommet des voûtes.
Aujourd'hui les belles mosaïques de 1 église de Chora Kahrié-Djami i à Constantinople. exécutées sous Andronic II (1282-1328 , aux frais du ministre Théodore Métochitès. 1 ensemble incomparable, mais en partie mutilé, des fresques des églises de Mïstra, capitale du despotat de Morée. les peintures des églises de l'Athos. celles des pays slaves. Serbie, Bulgarie. Russie, ou des pays roumains, quelques séries de miniatures, parmi lesquelles il faut mettre au premier rang le Psautier serbe de Munich, enfin un grand nombre d icônes et d'objets liturgiques que conservent les musées et les trésors d églises, nous permettent de nous faire une idée très nette de ce dernier stade de l'iconographie byzantine.
On constate d'abord une [parenté évidente entre tous ces monuments, qu'ils appartiennent au xiv" ou au xvie siècle, qu'ils aient été exécutés aux couvents de l'Athos ou dans des églises russes. On a la preuve crue des cartons, composés une fois pour toutes, ont dû circuler de monastère en monastère : telle peinture de Mistra reproduit exactement une mosaïque de Kahrié-Djami '. Bien plus, des
18. Le Christ rédempteur. — 19. Vierge protectrice. — 20. Le Pantocrator. — 21. La Vierge qui éclaire. — 22, Le Christ miséricordieux — 23, La Vierge église vivante portant l'Enfant . — 24. Vénération de l'icône de la Vierge — (VoirTafrali. Iconographie de l'hymne Akathistos. Bulletin Commission des Monuments Historiques de Roumanie, 1914
1. Etienne de Novgorod. Soc. Orient Latin. Itincr. russes, p. 119-120. Cf. le témoignage de Clavijo (1403). Mérimée. Etudes sur les arts, p. 334).
2 Par exemple la Bénédiction de la Vierge par les prêtres. Schmitt. Kahrié-Djami. pi. XXIV. Millet. Mistra, pi. LXXV, 3.