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I. XXV1I

166 1 MM s DE COMPOSITIONS

d'un compromis entre I iconographie monastique et le style hellénistique qui s'était conservé à Byzance. C'est de là que vienl son caractère complexe, parfois même incohérent : dans un seul tableau on voit la perspective inverse employée à côté de la perspective directe1 : la tradition populaire- a fourni l'une, l'autre provient de l'ait hellénique. Il semble, comme l'a montré M. (i. Millet, que l'art byzantin soit remontée ses sources et 1 on est étonné de retrouver sur les fresques de Mistra îles interprétations iconographiques abandonnées par l'art du xiï" siècle et qui remontent an début du moyen âge. La première qualité qui distingue cet art de l'iconographie officielle du xu" siècle, c'est son réalisme pittoresque : les compositions ont perdu leur caractère abstrait, les personnages ont eessé d'être des « types « pour redevenir des hommes, les scènes ne se passent plus dans l'éternité, mais à un moment précis du temps et sur la terre, au milieu d'un vrai paysage.

L'étude des divers aspects que présente une composition traditionnelle, par exemple la Résurrection de Lazare, va nous permettre d apprécier le progrès de I invention personnelle de ces maîtres. Au xn siècle dans l'art officiel c'est une scène abstraite et presque symbolique : .lésus et deux apôtres. Marthe et Marie prosternées, la momie de Lazare droite dans son cercueil en sont les seuls éléments". A la chapelle de l'Ascension de Gueurémé Cappadoce et sur lEvangéliaire d Iviron ' apparaissent de nouveaux détails. A Gueurémé le tombeau est creusé dans un rocher en forme de pyramide : un homme en écarte la pierre, un autre soutient le mort. Sur la miniature la disposition du tombeau est semblable, mais deux hommes portent la lourde pierre qui le fermait et, en face des apôtres qui suivent Jésus, se montre un autre groupe de spectateurs; c'est là qu'apparaît le détail réaliste de l'homme qui se bouche le nez". Parvenue à ce stade de développement, la composition' a inspiré à la fois un peintre de la Peribleptos de Mistra' lig. 7<S et (iiotto dans la chapelle de l'Arena, à Padoue 7 ; sur la fresque italienne on trouve une composition mieux ordonnée, des costumes plus pittoresques, des figures plus belles, mais les éléments iconographiques n'ont pas varié. Tout au contraire, un peintre de la Pantanassa de Mistra" a su élargir ces données et présenter un nouveau modèle fig. 79 . Au milieu d'un amoncellement grandiose de rochers dénudés et couronnés d'architectures on aperçoit l'ouverture

1 Schmitt. La Renaissance de la peinture byzantine au xiv- siècle [Revue archéologique, 1912, II, p 127-142 .

2. Panneau des douze fêtes. Palerme, Chapelle Palatine iDalton Byzantine Art. p. 24(1. (i47 .

3. De Jerphanion. Renne archéolog., 1908, II, 25. 4 Dalton, p. 475.

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