SON CARACTÈRE RÉALISTE ET PITTORESQUE
en Cappadoce on trouve le même parti pris de couvrir de fresques loui I espace disponible, la même prédominance des compositions sur les figures isolées qui s'alignent généralement au registre inférieur, la même recherche des détails pittoresques el du réalisme, la même inspiration iconographique. Dans ce dernier domaine les points de contact sont fréquents : le Christ en costume épiscopal de
Divine Liturgie, le Christ renrérenté j>n milieu d'une .<>'< l Anaslasis. les épisodes du massacre des Innocents, la conservation de motifs archaïques tels que la Visite des Saintes Femmes au tombeau, placée à coté de l'Anastasis. le développement donné au cycle de la Passion et à lhistoirejdcs saints, on retrouve à Mistra. au Mont Athos, dans le Psautier Serbe et dans le Guide de la Peinture tous ces détails caractéristiques inconnus à l'art offi- jg£,''j Jlfc^ ciel du xn siècle et fréquents déjà dans les œuvres de l'école cappadocienne.
Il est vrai qu'on les y retrouve complètement transformés. Pour s'acclimater à Constantinople l'iconographie monastique a dû dans une certaine mesure se plier à la tradition hellénistique toujours vivante. On a admis les paysages
pittoresques mais c'est aux modèles antiques qu'on a demandé leurs éléments : de là ces architectures gracieuses, d'aspect tout pompéien, qui l'ont le charme des tableaux de Kabrié-Djami et de Mistra : de là ces belles figures masculines ou féminines, par exemple les vierges qui forment la suite de Marie dans la Distribution de la pourpre et qui ont des traits réguliers, des proportions élégantes et une noblesse d'attitude vraiment dignes de statues antiques ' (fig. 77). On est donc fondé à parler d'une « renaissance » antique à l'époque des Paléologues. L art du xive siècle résulte
Coll Hautes Eludes Millet .
Fig. 78 — Résurrection de Lazare. Mistra Péloponèse .
Fresque de la Peribleptos. milieu du XIVe siècle.
D'après G. Millet, Mistra, pi. CXVIII. 4.