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LA RECHERCHE DU MOUVEMENT

milieu des montagnes et vers laquelle s'avance la Sainte Famille, saint Joseph portant Jésus sur ses épaules, tandis qu'un serviteur tire l'âne par la bride1. A Mistra, au Brontochion, c'esl la troupe pittoresque des anges agenouillés avec- un cierge a la main . ou le paysage sinistre dos rochers aux formes étranges au milieu duquel a lieu la Descente aux Limbes . ou encore le tableau de la confusion, au concile de Chalcédoine, îles hérétiques qui s'en vont la tète basse et se lamentant. Quelques fautes de goût, dues à 1 interprétation trop littérale des ligures de rhétorique, se montrent çà et là. Au Brontochion. au-dessous d'un portrait de saint Basile, coule un fleuve qui vient alimenter un puits, autour duquel s'empressent des moines et l'un deux, tirant la corde, se prépare à puiser de 1 eau '. La même liberté a accentué encore 1 anachronisme des costumes. Le Christ en costume d'archevêque ou avec les ornements impériaux et même la Vierge habillée comme une impératrice la tête ceinte du diadème, ont pénétré définitivement dans l'art religieux' lii^. 89 .

Un autre caractère de cet art. tout à fait contraire à 1 idée qu on se fait communément de l'art byzantin, c'est sa recherche continuelle de la vie et du mouvement même désordonnés. Les figures ne sont plus immobiles, elles ne se contentent plus de marcher, elles courent ou elles volent. Tels les anges qui portent les instruments liturgiques dans la composition de la Peribleptos et dont la démarche fougueuse n'éveille en rienl'idéed une procession sacerdotale " ifig. 82 1 ; tels les chérubins qui supportent dans plusieurs scènes la gloire du Christ7; ceux de Saint- Vital de Ravenne soutenaient immobiles et les bras tendus le médaillon de l'agneau8 : ceux de Mistra volent, le corps entièrement recourbé, et semblent entraîner la gloire du Christ dans un mouvement vertigineux. Qu'y a-t-il de plus vivant, par exemple, que le tableau d Hérode ordonnant le massacre des Innocents a Kahrié-Djami ? Assis sur son trône, couronne en tète, il parle à des soldats qui I écoutent attentivement: quelques-uns tendent le cou pour mieux entendre, d autres portent déjà la main au fourreau de leur sabre". Qu'y a-t-il de plus dramatique, en revanche, que le sacrifice d'Abraham de la Peribleptos "'? Au milieu d'un paysage sévère on voit le patriarche littéralement couché sur le corps d'Isaac qu il

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