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DÉCADENCE ]>!■: LA PEINTURE RUSSE

Basile, saint Jean Chrysostome, saint Grégoire de Nazianze écrivant, tandis qu'à

leurs pieds coule la source symbolique où viennent se désaltérer leurs disciples.

A la prépondérance de Novgorod succède celle de Moscou avec Ivan III

1462-1505 et surtout avec Ivan le Terrible 1533-1584 le premier tsar de Russie.

L école de peinture qui se développe dans les fondations de ces princes et de leurs successeurs perd toutes les qualités de I école de Novgorod. A I art idéaliste qui recherchait la largeur de la composition, la beauté des lignes, la fraîcheur du coloris, succède une peinture à tendances populaires qui complique à l'excès le programme iconographique, mais ne fait que répéter des poncifs sans être capable de se renouveler soit par l'observation de la nature, soit par l'étude des sources antiques. La seule innovation consiste à ajouter aux modèles byzantins ceux qui sont importés d'Occident sous la forme de livres illustrés en Allemagne ou en Hollande. Les procédés techniques s'altèrent, la couleur des icônes et des fresques devient sourde et terreuse. Les grandes compositions ressemblent à des juxtapositionsd icônes, dont le sujet principal est entouré de tableaux en miniature Kleima . analogues aux prédelles italiennes : la multitude des détails produit la confusion. L'art se fige littéralement et perd toutes ses qualités d'invention.

Et cependant on n'a jamais exécuté d'aussi prodigieux ensembles de peinture. Entre 1670 et 1695 les villes delà Haute-Volga. Iaroslavl. Rostov. Borisoglebsk. etc.. élèvent des églises tapissées intérieurement de sept à huit étages d'icônes : on peint jusqu'aux embrasures de fenêtres et c est par centaines que des « compagnons », qui sont devenus de vulgaires barbouilleurs, travaillent sous la direction d'un peintre-chef. Les fresques de 1 église du Prophète Elie à Iaroslavl. exécutées en 1680sous le tsar Feodor par seize peintres dirigés par Gouri Nikitin, donnent une idée de l'enchevêtrement de lignes, de la confusion inextricable, de la surcharge de détails qui distinguent désormais la peinture russe. Dans les trois vestibules paperty . qui entourent 1 église sur trois faces, on constate des innovations : la galerie du nord est réservée à des scènes de 1 Ancien Testament parvis de 1 Evangile . celle du sud à un cycle narratif composé d'histoires édifiantes, celle de l'ouest à l'Apocalypse qui tient une place de plus en plus grande dans les préoccupations du clergé et des moines pour lesquels la Russie représente le sixième empire prédit par saint Jean.

Mais déjà le vieux programme byzantin est altéré par des interpolations dues à l'influence de l'Occident. (Test en vain que le clez'gé essaye de lutter contre les innovations. En 1551 le concile duStoglav ou des Cent Articles défend aux peintres d icônes de s écarter des modèles anciens. En 1(554 le patriarche Nikon excommunie ceux qui vendent ou achètent des images « franques », fait faire une rafle de toutes celles (pie possèdent les boïards et ordonne de leur crever les yeux. Et pourtant I un des peintres d'icônes les plus célèbres de I école moscovite. Simon

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