M L'ART RELIGIEUX DES PAYS ROUMAINS
ques de Misti'a. Détail unique, le Chrisl sur le chemin du Calvaire marche à côté des deux larrons portant chacun leur croix. Un autre thème très original peint dans la courbe del absideèst celui delà liturgie célébrée par Moïse et Aaron dans le Tabernacle; à l'intérieur de la lente est figurée une table d'autel richement drapée et gardée par deux chérubins; de chaque ente une double file de personnages en costume royal apporte des offrandes consistant en de beaux vases d'orfèvrerie. Tel l'ut le magnifique point de départ de l'art religieux îles pays roumains. Comme dans les églises serbes les princes moldovalaques fondateurs d'églises ont laissé leurs portraits dans les narthex. On n'a pu identifier le personnage en costume occidental agenouille aux pieds du Christ a Curtea-dc-Aigés. mais un grand intérêt s'attache aux portraits de Mircea le Grand 1386-1 IIS et de son lils Michel à la chapelle funéraire de Cozia, d'Etienne le Grand 1457-1504 à liadauls. etc.. : c est toute' I histoire île la nation roumaine qui revit dans ces beaux portraits aux ligures expressives, aux costumes ruisselants d'or et de pierreries. Dans 1 ensemble le même programme iconographique s est transmis par tradition jusqu'à nos jours, mais, a partir du XVIe siècle la peinture d'icônes a remplacé les Irises des cycles narratifs, et. comme en Russie, la multiplicité des tableaux, chargés de détails et trop petits pour la hauteur où ils sont placés, donne une impression un peu confuse : 1 effet artistique résulte surtout de 1 harmonie des couleurs disposées avec un goût parfait. En Vaïachie on rencontre les plus beaux ensembles, malheureusement très restâmes, au monastère de Cozia de ["époque de Mircea le Grand, à I église épiscppale d'Argès fondée en 1517 par Basarab IV. à l'église des Saints Empereurs de Targoviste 1642 . au monastère de Hurezi dû à Constantin Brancoveanu K')NS-1714 , au monastère de Yaearcsli fondé près de Bucarest par le prince Nicolas Maurocordalo 171(5-1722 .
Mais c est surtout en Moldavie, dans les monastères des montagnes de Bucovine ' fondés par Etienne le Grand à Voronets 1488), à Néamt 1497); par Pierre Bans 1527-1546) à Moldovilsa, à Humor. par le boïard Jérémie Movila. plus tard prince de Moldavie, à Suscevitsa. (vers 1580), que l'iconographie religieuse s'est développée d une manière originale. Dans ces églises les fresques ne tapissent plus seulement l'intérieur, du pavé aux voûtes, elles couvrent encore d'une manière continue les murs extérieurs. Ce n'est pas sans un certain étonnement que 1 on considère d abord cette multitude de tableaux divisés en compartiments que le toit moldave largement débordant protège des intempéries, mais l'effet de ces couleurs très franches, assemblées avec un goûl parfait, est atténué par le fond bleu d'azur qui donne a 1 ensemble une grande douceur lig. !)1 . 92 .
Bien que dans son ensemble 1 iconographie reste fidèle aux programmes de la
1. P. Henry. L originalité des peintures des églises de Bucovine [Congrès des Eludes byzantines de Bucarest, avril 1924 .