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CHAPITRE VII

L'OCCIDENT; L'ART ENCYCLOPÉDIQUE, V'-XII SIÈCLES LES CONDITIONS DU DÉVELOPPEMENT DE L'ICONOGRAPHIE

I. Les transformations de l'art occidental : époque barbare. Renaissance carolingienne, art roman. - II Le point de vue de l'iconographie occidentale : la méthode allégorique et l'esprit encyclopédique. — III. Les sources de lart occidental : l'archaïsme, l'art hellénistique, l'influence orientale. — IV. La part d'originalité dans lart occidental.

L'histoire de l'art chrétien d'Occident n'offre pas la même continuité que celle de l'art byzantin, bien quelle ait traversé à peu près les mêmes phases. Les invasions barbares et les guerres incessantes, la disparition presque totale des villes et les conditions précaires dans lesquelles s est trouvée la vie matérielle ont empêché le développement régulier de la culture occidentale. Du v au xne siècle s étend une période de tâtonnements et d'expériences; le programme de Part chrétien a été formulé dans les monastères à 1 époque de la Renaissance carolingienne, mais son exécution est pleine d incohérence; tributaires de 1 Orient, plagiaires de l'art chrétien de la période précédente, c est seulement dans le domaine technique que les Occidentaux font preuve d'activité et d'originalité : la création des types provinciaux d églises romanes et la renaissance de la statuaire sont les deux grandes innovations dues à cette initiative. Ces progrès techniques ont permis au XIIIe et au xive siècles la réalisation du vaste programme théologique et encyclopédique dont les maîtres de l'époque romane n'avaient traité que des fragments. Puis comme l'art byzantin, et, comme nous le verrons, sous l'influence de l'art byzantin, l'iconographie occidentale s'est transformée : dès le xme siècle 1 art dramatique et pittoresque, qui se substitue à Constantinople à Fart officiel, apparaît dans l'école italienne. La nouvelle formule n'est acceptée qu'avec des hésitations; ses progrès sont lents et c est seulement au xv siècle, et non sans de profondes modifications, qu'elle triomphe dans toute l'Europe.

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l ES INFLUENCES ORIENTALES

Les Invasions barbares du ve siècle ont anéanti la culture latine qui s'était développée en Occident. La vie urbaine a disparu; l enceinte des villes s'esl rétrécie; an vin siècle elles sonl devenues des camps retranchés, « castra ». semblables à des villages fortifiés. Les écoles si prospères dans l'antiquité n existenl pins. Seuls les monastères, créés dès le v" siècle à I imitation desinstituts orientaux, ont conserve des traditions de culture. Les circonstances sonl donc devenues défavorables aussi bien à la production industrielle qu'au développement artistique.

l'Ilut. M'in. Ilut.

Fig. 1)4. — Spécimen de sculpture gallo romaine <lu vi° siècle. Sarcophage de Saint-Guilhem-du-Désert

Hérault .

(lest dans la Gaule mérovingienne et dans l'Espagne wisigothique, entre le \i et le vin siècle, que la civilisation européenne a atteint Véritablement sa période d étiage : I indigence des chroniqueurs et des annalistes qui succédèrent à Grégoire de Tours est un témoignage significatif de cette barbarie. Sans doute les nouveaux maîtres se piquaient d'aimer le beau à leur manière : Grégoire de Tours et Venantius Fortunatus décrivent les costumes somptueux et les belles armes ornées de verroterie cloisonnée ([lie les fouilles nous révèlent parfois ; protecteurs de l'Eglise, les rois se plaisaient à construire des basiliques et à les embellir, mais comme ils ne trouvaient plus parmi les indigènes les artistes capables de satisfaire ces goûts, ils s adressaient à ces Orientaux, qui sous le nom de « Syriens ». détenaient avec les Juifs ce qui restait de commerce et d'industrie, et dont les inscriptions nous montrent les traces dans toutes les villes importantes de Gaule1. Ils ont certaine-

1. L. Bréhier Les colonies cl Orientaux en Occident au commencement du moyen âge [Bgzantinische Zeitschrift, 1903, XII

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