‹ L'art chrétienChapitre 19 sur 442 · Dictionn Archéol.. chrét . I · texte numérisé non relu

Dictionn Archéol.. chrét . I

il Apamée sur le Méandre, centre dune importante colonie de Juifs. On voit figurer sur ces monnaies l'arche de Noé, et l'inscription grecque : « Noé » ne laisse aucun doute. C'a- motif s'explique par l'identification que les Juifs avaient faite de l'acropole de Célènes, voisine d' Apamée, avec le mont Ararat où s'arrêta l'arche1 fig. 15 . Près de Jéricho on a même découvert sur le pavement en mosaïque du m1' siècle un des motifs favoris de l'art chrétien, Daniel entre les lions à côté d'un zodiaque entourant le char du Soleil, du chandelier à sept branches et de l'arche d alliance \

On voit ainsi quelles étaient les préoccupations de la société au milieu de laquelle naquit 1 art chrétien. En face des cimetières païens ou juifs les cimetières chrétiens ne représentaient rien d'anormal ni de nouveau. Il est tout naturel que les chrétiens se soient inspirés pour orner leurs sépultures des usages qu'ils voyaient pratiquer autour d eux. Leurs cimetières eurent à l'origine le même aspect que les cimetières païens et parfois les mêmes artistes mirent leur talent au service des deux religions. Une série de moules de lampes païennes découvertes à Ostie avec la marque Anniser (Annius Serapiodorus) portent, les uns l'image du Bon Pasteur, les autres des effigies de divinités païennes3. Al'origine d'ailleurs aucun signe spécial n'indique le christianisme du défunt. Un des plus anciens reliquaires connus découvert à Brousse et contenant, d'après l'inscription, les os du martyr Trophime, a la forme d'une petite cuve de sarcophage avec couvercle en toit à double pente relevé aux angles par des quarts de rond. Il appartient sans doute au miliui du m siècle et rien, sauf l'inscription, n'indique son caractère chrétien4.

L'art chrétien n'est donc pas apparu brusquement dans le monde païen : les motifs qui devaient le distinguer se sont élaborés lentement et il a fallu de longues années avant que son originalité éclatàtà tous les yeux. Son domaine s'est d'abord limité à l'art funéraire; il faut le chercher sur les peintures des chambres sépulcrales, sur les sarcophages sculptés et sur les menus objets, lampes, verres à fond doré, etc — qui formaient le mobilier des sépultures. Il est vrai que, dès la fin du ii'; ou au début du ine siècle, les chrétiens ont commencé à faire construire des édifices spécialement destinés au culte : malheureusement aucun témoignage ne nous renseigne sur leurs dispositions et il est difficile de savoir quelle place y tenaient les arts décoratifs. Quoiqu'il en soit, un fait demeure incontestable : c'est 1 origine funéraire de l'art chrétien. Ses premiers monuments remontent à la fin du i" siècle et ce sont des sépultures qui les ont conservés.

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