MOSAÏQUES VITRAUX
au fond des absides el parfois même à 1 extérieur, sur les façades, comme a la chapelle Saint-Michel de Rocamadour (Lot). L'art de la mosaïque murale se conserva durant l'époque carolingienne : l'abside de Germigny-les-Prés Loire! garde encore la mosaïque, exécutée en «SOli d'après une inscription, el représentant l'Arche d'alliance entre deux chérubins. En 1030 Gauzlin, abbé de Saint-Benoit sur Loire songe à faire venir des mosaïstes de Grèce pour orner la voûte de la chapelle de la Vierge qu'il avait fait reconstruire après l'incendie de son église'. En Italie, et surtout à Rome et dans l'Italie méridionale, dans les basiliques de type ancien, le procédé se perpétua pendant tout le moyen âge J. Dans presque toute l'Europe au contraire on eut recours à la fresque pour décorer les églises. Les deux techniques employées dans ces œuvres correspondent à celles de l'art byzantin : les peintures de Saint-Savin. des églises de la vallée du Loir, du Bourbonnais, etc.... se distinguent par des tons très clairs: les fonds sont formés de grandes bandes pales horizontales; les contours des personnages et des objets sont indiqués par de gros traits rouges qui ont parfois seuls survécu ; des traits analogues assez rares figurent le modelé et les plis des draperies, presque toujours collées au corps et se relevant dans le bas en un petit relroussis. Les couleurs dominantes, assez ternes, sont les ocres jaunes et rouges, le vert, le rose : le bleu est très rare. Au contraire, un certain nombre de peintures des églises de Bourgogne, du Velay, d'Auvergne, de Provence, d Espagne, se présentent sur des fonds d'azur bleu sombre : les couleurs sont plus éclatantes, les accessoires du costume et du mobilier plus riches, les ornements et le modelé plus savants. La première de ces techniques est celle des fresques de Cappadoce : l'autre fait songer aux peintures de Mistra et cette coïncidence ne saurait être l'effet du hasard : elle est une preuve de plus de la solidarité qui unit l'art religieux d'Occident à l'art monastique et populaire qui s est développé en Orient 3.
Les pavements en mosaïque dont on a recueilli des fragments assez importants donnaient aussi lieu à des représentations, la plupart du temps profanes : bestiaires, scènes de genre, figures et lutte des vices el des vertus, etc.. Sur quelques-uns on voyait même des sujets religieux, comme sur la mosaïque découverte à Reims qui représente le Sacrifice d'Abraham '.
Enfin la décoration iconographique couvrait aussi les vitraux peints, dont l'usage apparaît dès l'époque carolingienne5. Du x siècle date l'invention des
1. Mortet. Recueil de textes relatifs à l'histoire de l'architecture- Paris. 1911. VII. 39 : g ad partes Romanis » signifie l'empire byzantin et non l'Italie, comme le veut l'éditeur.
2. Rome : abside de Saint-Sabas vin siècle . Abside de Sainte-Praxéde Pascal. I. 817-824 . Abside de Saint-Clément Pascal. II, 1099-1118V
3. Sur la dépendance de la deuxième technique à l'égard des Grecs, voy. le témoignage formel du moine Théophile. Diversarum artium schedula, édit. Lescalopier, Paris, 1S43. p. 4.