MAGE Dl' MONDE
qui formenl l'objet de leur étude. L'esprit de synthèse audacieuse, le besoin de ramener tout à I unité qui distinguent 1 époque carolingienne étaienl exprimés
parfois dans des représentations naïves. Charlemagne conservait dans son palais des tablettes d'or précieuses sur lesquelles on voyait U's plans de Rome et de Constantinopleet aussi la figure de I univers, faite de Mois cercles concentriques au milieu desquels étaient 1rs étoiles et les planètes'. C'est de cette manière que le peintre de Saint-Savin (Vienne (xn° siècle) représente le monde, lorsqu'il fait voir le Créateur plaçant dans les sphères célestes les deux globes du Soleil et de la Lune fig. 106 . Une peinture du monastère de Théodulfe, évêque d'Orléans mort en «S'il . figurait
Fig. 106. — L'Eternel place le Soleil et la Lune clans le firmament. Fresque de 1 église Saint-Savin
(Vienne), xi0 siècle.
la sphère terrestre autour de laquelle courait Amphitrite, dévorant tous les Fleuves et entourée des quatre Vents aux joues gonflées : au centre de la terre on voyait Cybèle avec sa couronne de tours, un enfant sur son sein, une corbeille de fruits et des animaux variés à ses pieds. Une étoffe offerte à Saint-Denis par la reine Adélaïde, épouse de Hugues Capet (987-996), était ornée du même sujet". Sur beaucoup de manuscrits et sur des reliures d'ivoire, la Mer est un dieu barbu monté sur un dauphin, la Terre a la figure de Cybèle déjà décrite, les Fleuves sont les vieillards à couronne de roseaux dont l'art antique a fourni le modèle5. Une composition allégorique qui parait être la reproduction d'un motif belle-