LA SAINTE TIUNI II
Champeix Puy-de-Dôme . aussi barbare par le style de ses sculptures que par l'inscription latine qui les accompagne, montre successivement l'agneau chargé de la croix, la main divine, la colombe Bg. 121 . Au portail de Jaca, eu Catalogne, la Trinité est représentée dune manière eu quelque sorte algébrique '. En revanche, comme dans lait byzantin populaire, ou trouve des figurations anthropomorphiques des trois personnes, par exemple sur les fresques de la chapelle Saint-Gilles de Montoire Loir-et-Cher où 1 on voit dans trois absidioles le Père ouvrant les bras, le Christ bénissant, les pieds sur le globe du monde, entouré des anges qui l'acclament, le Saint-Espril répandant les Ilots de sa grâce sur les fidèles. Le Père et le Fils sont au milieu dune auréole celle du Père semée d étoiles) que coupe
Phot. L. Bretaier.
Fig. 124. — Symboles de la Trinité. Portail de Champeix (Puy-de-Dôme), xi'' siècle. Inscription : TRES TRINVM SIGNANT. POLLEX PECCVS ATQ[ue] COLV[in]BA=
un arc-en-ciel. Seul le Christ est imberbe ; seul il porte au-dessus de sa tète le nimbe crucifère. Le Saint-Esprit se trouve au milieu de plusieurs auréoles concentriques : de ses mains sortent les ondulations qui vont se fixer sur la tète de six personnages. Une ligure d'un goût étrange a été adoptée en Espagne : à Santo-Domingo de Soria Vieille Castille) le tympan d'un portail montre le Père céleste, la couronne en tète et assis sur un trône, portant l'Enfant Jésus sur ses genoux à la manière d'une Vierge de majesté3. A la Porte de Gloire de Saint-Jacques de Compostelle exécutée par Mathieu en-1188), le même thème est sculpté sur un chapiteau : audessus de la tète du Père vole la colombe du Saint-Esprit et. comme sur le tympan de Soria. des ailles sont en adoration '.
1. Début du xii" siècle. Le monogramme est cantonné des lettres P. A. S. <jj. Une inscription explique leur sens : P pater est. A genitus duplex et S spi ri tus almus.
2. Abel Fabre. L'iconographie de la Pentecôte [Gazette des Beaux- \rls, juillet-août 1923). A donné le premier cette interprétation des ligures restées jusqu'ici énigmatiques de Montoire.
3. Kingsley Porter. Romanesque Sculpture, lig. 79(>. 4 Kingsley Porter /( .S , lig. 833
L \ FIGURE Dl CIIKISI
La figure du Christ à longue barbe n'a prévalu définitivement dans I art occidental qu'au \n siècle, et les i\ pes imberbes, en majorité dans les miniatures carolingiennes, se rencontrent encore dans l'art roman1.
Certaines traditions de l'art triomphal se sont perpétuées longtemps. Tel est le Christ enseignant, assis sur le trône impérial, tenant d une main le livre de la Nouvelle Loi, et bénissant de I autre, comme dans la belle miniature de I Evangéliaire de Charlemagne, illustré par Gotescalc, qui s'est inspiré sans doute d une composition placée dans une abside fig. 125 . Sur le retable d'ordonné par Henri II à la cathédrale de Baie- vers 1019 . le Christ debout, tenant le globe du monde et bénissant, saint Benoit et les trois archanges saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël occupent cinq arcatures. inspirées de la disposition d un sarcophage. Sur un tympan d Aulnay Charente- Inférieure) le Christ est entre la Vierge et saint Jean-Baptiste : c'est la « Deisis » byzantine qui a pénétré en Occident, où elle n'a été reproduite que rarement.
L'art occidental a gardé aussi la figure.
créée en Egypte, du Christ foulant aux pieds
l'aspic et le basilic, symboles du mal Ps. xc,