CHAPITRE IX L'ART ENCYCLOPÉDIQUE (suite). LA VIE DE JÉSUS-CHRIST
I. Les figures : le Christ, la Vierge, les Anges. — II. Le cycle de l'Enfance et la Vie publique. III. La Passion. — IV. De la Résurrection au Couronnement de la Vierge.
Dans l'illustration des Evangiles l'art roman suit tour à tour les deux méthodes opposées qui se sont partagé l'art de 1 Orient chrétien. Tantôt des cycles narratifs très complets racontent dans le plus grand détail les événements de l'histoire évangélique, tantôt au contraire certains sujets, qui ont une signification dogmatique sont mis en évidence, en particulier sur les grands portails et les verrières. A côté de cycles détaillés qui l'ont une très grande place à la vie publique de Jésus et à ses miracles, par exemple sur les chapiteaux du cloître de Moissac1, on trouve des cycles restreints, analogues à ceux des peintures cappadociennes, qui depuis le Xe siècle passent directement de l'Enfance à la Passion. Sur les curieuses portes en bois de la cathédrale du Puy, véritable monument d'art « mudéjar ». exécuté en sculpture ehamplevée par un certain Geoffroi (Gauzfredus), chargé d'inscriptions en caractères coufiques, le vantail nord est consacré à l'Enfance du Christ, le vantail sud à la Passion. La même division se retrouve au Portail Royal de Chartres où 38 chapiteaux racontent la jeunesse de Marie (12), l'Enfance de Jésus (11), la Passion (15).
La même complexité, pour tout dire, la même incohérence se manifeste dans le traitement des thèmes particuliers : la tendance dogmatique et le goût de l'anecdote pittoresque ont été perpétuellement en contradiction.
Pour figurer le dogme de la Trinité on eut parfois recours aux vieux symboles qu'employait saint Paulin de Noie en 402 pour orner sa basilique. Un linteau de
1. Vie publique : Béatitudes du Sermon sur la Montagne. Noces de Cana. Tentation. Résurrection de Lazare. Pèche miraculeuse. Samaritaine. Fille de la Chananéenne. Guérison du serviteur du Centenier. Paraboles diverses, etc..