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RÉSURRECTION ET APPARITIONS DU CHRIST

Sépulcre sous la forme d une église, avec 1 ange ;issis recevanl les trois myrophores et les gardes endormis, revêtus de I armure du \u" siècle '. un type nouveau apparaît presque partout ailleurs : I édifice du Saiul Sépulcre csl remplacé par un sarcophage ouvert qui laisse voir un linceul et près duquel un aune est assis : sur la Irise de Saint-Paul de l)a\. deux anges soulèvent le couvercle du sarcophage pour montrer qu il est vide : an-dessus du groupe des Saintes Femmes deux mains balancent des encensoirs et tiennent une croix. M. Mâle a rapproché celle mise en scène de celle du drame liturgique célèbre dans les églises le malin de Pâques; les faits qu il a réunis sont décisifs et montrent sous quelle influence l'iconographie romane s est enrichie de nouveaux motifs :. La seule réserve qu'on puisse faire c est qu il est possible que le drame liturgique lui-même se soit inspiré des cérémonies que l'on célébrait à Jérusalem le jour de Pâques et dont l'influence s'est exercée sur l'interprétation byzantine de ce thème '. ("est encore au drame liturgique que l'on doit le développement pittoresque d'un détail donné par saint Marc (XVI, 1), qui montre les Saintes Femmes achetant des parfums avant de se rendre au tombeau. Cet épisode figuré sur les frises de Saint-Gilles et de Beaucaire avec les deux marchands à leur comptoir pesant les parfums, est comme l'illustration d'un dialogue conservé par un manuscrit de Tours". Avec une hardiesse plus grande encore on a montré le Christ lui-même sortant de son sépulcre6 et l'on peut se demander si ce thème inconnu jusque-là dans 1 art religieux ne provient pas de la même source.

La Descente de Jésus aux Limbes ne tient pas la même place en Occident que dans les églises byzantines, dont la formule a été adoptée en Italie, notamment sur les portes de bronze, comme celles de Bénévent. Sur un chapiteau de Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme le Christ tient la croix terminée par un fer de lance et fait voler en éclats les portes de l'Enfer; en face de lui. Lucifer brandit une énorme massue, tandis qu'Adam saisit la main du Seigneur et s'enveloppe dans un pan de son manteau : derrière lui les têtes d Eve et des autres justes sont figurées en perspective. Sur un linteau de la cathédrale de Lincoln 1 Enfer est ligure par la gueule d'un dragon colossal d'où le Christ vient tirer les Justes, et 1 on aperçoit les démons tourmentant les damnés. Il est possible que cette formule, adoptée plus tard dans les mystères, ait eu au xue siècle une origine théâtrale.

1. Mozat, Issoire, Saint-Xectaire, Blesle. Brioude, etc. . 2 Cloître de Saint-Trophime d'Arles, chapiteau de Toulouse. 3. Mâle. Art religieux au xn ' siècle, p. 125 13(1. 4 Millet Iconographie de l'Evangile, p 520-530. 5. Mâle. op. cit , p. 133-434.

6 Médaillon d'un vitrail de Bourges Renie de l'Art ancien et moderne, 1914. p. 163). Chapiteau de la Daurade à Toulouse.

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