I.A COLOMBE : L'AGNEAl
Mais les animaux favoris de la symbolique chrétienne dos premiers siècles sont avant tout la colombe, l'agneau et le poisson. La colombe est un des symboles les plus fréquents dans 1 épigraphie funéraire et on la rencontre aussi souvent dans les fresques et sur les verres à fond doré. La colombe figure, comme nous le verrons, dans les représentations de l'arche de Noé. et. dans la scène du Baptême du Christ, elle représente FEsprit-Saint, conformément au texte évangélique. Sur les épitaphes et les fresques funéraires elle est le symbole de l'âme chrétienne affranchie par la mort, comme l'indiquent les épithètes gravées parfois au-dessous d'elle: « anima simplex, innocentissima, palumbus sine tel »'. Sur l'épitaphe d'Urbica au cimetière de Calliste m siècle . la colombe becqueté les fruits d'un olivier : en face d'elle est représentée l'ancre2.
L'agneau est dès l'origine et restera le symbole chrétien par excellence. La place importante qu'il tient dans le langage biblique suffît à expliquer son adoption par les premiers chrétiens comme un des symboles les plus parfaits du Sauveur. L'agneau sans tache que les Hébreux mangent le jour de la Pàque est déjà la figure du Messie3. La comparaison a été formulée clairement par le prophète Isaïe*, mais ce sont surtout les paroles célèbres avec lesquelles saint Jean-Baptiste accueille Jésus sur les bords du Jourdain qui l'ont consacrée définitivement5. Toute la littérature chrétienne des premiers temps, et en particulier l'Apocalypse, est remplie du même symbolisme6. Une des plus anciennes représentations de l'agneau figure sur une fresque du cimetière de Domitilla fin du ier siècle)'. Derrière l'agneau se voit la houlette à laquelle est suspendu le seau de lait. Audessous d'un fragment d'inscription funéraire du 111e siècle sur laquelle on lit : « Vera in pace », on aperçoit un agneau couché8. De même sur une inscription du cimetière de Calliste (début du 111e siècle . à Borne, l'agneau est couché à côté de l'ancre cruciforme9: sur une fresque du même cimetière un vase de lait est accosté de deux agneaux", et sur une peinture du cimetière des saints Pierre et Marcellin l'agneau bondissant a derrière lui la houlette et le seau de lait11. Par une allégorie ingénieuse, l'agneau entre deux loups représenta Suzanne et les deux
1. Le Blant. Inscriptions chrétiennes Je la Gaule. I, n a 61, 64, 67, 69 pi. XXXVIII. XXXIX. XLI' XLIX . — Schneider. Nuovo Bullèt. di Archeol. crist., 1911. p. 59 68.